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Gicleurs dans les résidences pour aînés : seulement 236 demandes d'aide financière jusqu'à maintenant

La Coalition avenir Québec (CAQ) s'inquiète du peu de ressources consenties jusqu'à présent par le gouvernement pour aider les résidences privées pour aînés à se doter de gicleurs.

Un texte de Hugo Lavallée

La formation politique s'interroge aussi sur le faible nombre de demandes reçues par le ministère de la Santé de la part des résidences admissibles à une aide financière. Elle soupçonne le programme de subvention d'être trop complexe pour les propriétaires de résidences.

À la suite de l'incendie survenu dans une résidence privée pour aînés à L'Isle-Verte en 2014, qui avait tué 32 personnes, le gouvernement avait annoncé que l'installation de gicleurs deviendrait obligatoire dans l'ensemble des résidences privées pour personnes âgées.

Pour ce faire, il avait promis d'investir 115,9 millions de dollars en cinq ans. L'an dernier, 1,8 million de dollars devaient être dépensés et 6,4 millions le seront cette année, selon les prévisions contenues dans les crédits budgétaires gouvernementaux. C'est environ 7 % du total de la somme promise en cinq ans.

« Ça me semble très timide pour les premières deux années de ce programme-là », déplore le député de la CAQ, François Paradis. « Il y a des dizaines de milliers d'aînés qui ne bénéficient [toujours] pas de cette protection qu'on veut obligatoire. »

Dans un courriel transmis à Radio-Canada, le ministère de la Santé explique la faiblesse des sommes octroyées jusqu'à présent par le fait que la subvention aux résidences privées pour aînés « est payable à la fin des travaux, sur une période de 5 ans, deux fois par année ». Puisque le ministère n'assume pas sur-le-champ la totalité des dépenses engagées, les sommes requises pour l'instant demeurent modestes.

N'empêche, seulement 236 résidences sur les quelque 1300 qui y sont admissibles, avaient effectué une demande d'aide financière en date du 11 avril 2017.

« S'il n'y a pas suffisamment de demandes, il y a une problématique quelque part », croit M. Paradis. Il cite les lourdeurs rapportées récemment par l'Association québécoise de défense des personnes retraitées et préretraitées, selon qui les plus petites résidences auraient de la difficulté à s'acquitter des procédures administratives nécessaires à l'obtention de la subvention.

De son côté, le ministère ne s'inquiète pas du nombre de demandes reçues jusqu'à présent. Il fait valoir que les résidences ont encore trois ans pour se manifester. « Comme pour tout nouveau programme, la tendance devrait aller vers une augmentation annuelle du nombre de demandes d'ici la date d'échéance », explique-t-on.

« Cinq ans, c'était déjà long. [...] Quand on parle de sécurité, il faut tenter d'aller le plus rapidement possible. Il n'y a pas de mal à atteindre l'objectif avant l'échéance », rétorque François Paradis, qui souhaiterait voir le gouvernement et les résidences privées pour aînés faire preuve de plus d'empressement.

Sur les quelque 1900 résidences privées pour aînés que compte le Québec, on estime qu'environ 600 s'étaient déjà dotées de gicleurs au moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation en 2015. Les 1300 autres ont jusqu'en 2020 pour s'y conformer.

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