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Harper parle de sécurité nationale, mais l'affaire Duffy lui fait de l'ombre

De passage à Fredericton pour annoncer une nouvelle promesse de son parti envers les forces de réserve de l'armée canadienne, le chef conservateur Stephen Harper a une fois de plus été rattrapé par l'affaire Wright-Duffy, lundi matin. Le premier ministre sortant n'en finit plus de répéter sa position dans cette affaire.

Quatre des cinq questions qui lui ont été posées portaient sur les révélations issues de ce procès, qui a repris ce matin avec la suite du contre-interrogatoire de Nigel Wright, son ancien chef de cabinet qui a quitté son poste dans des circonstances nébuleuses, en mai 2013.

Comme cela a été le cas en fin de semaine, les quelques journalistes autorisés à poser des questions au premier ministre sortant ont tenté de le faire réagir aux informations révélées la semaine dernière par une série de courriels démontrant que ses proches ont participé à une stratégie visant à duper le public.

Les courriels en question montrent que les stratèges conservateurs ont laissé croire à la population canadienne que le sénateur Mike Duffy, nommé par Stephen Harper, allait lui-même rembourser ses dépenses controversées, tout en sachant que cela était faux.

« Il y a des questions qui demeurent sans réponse dans cette affaire », a par exemple tenté une journaliste de CTV, lundi matin, en soulignant que ces questions s'appuyaient sur des documents officiels du gouvernement dont l'authenticité n'est pas contestée devant les tribunaux.

« Ces courriels montrent que des membres importants de votre entourage, dont des membres de votre campagne, semblent avoir tenté de tromper la population canadienne avec une stratégie médiatique? » a-t-elle demandé. « N'avez-vous pas l'obligation, comme premier ministre, de faire maison nette, vous qui le demandiez à d'autres premiers ministres quand vous étiez dans l'opposition? »

« Je vais le dire à nouveau : je n'accepte pas cette interprétation des faits », a commencé par dire le premier ministre. « Ce que je sais, c'est que M. Duffy aurait dû rembourser ses dépenses. Il ne l'a pas fait. Il ne l'a pas fait parce que M. Wright les a payées pour lui. Ce sont les deux individus qui sont responsables. Ils sont maintenant imputables. C'est ce qui est approprié. »

Une journaliste de CBC a immédiatement renchéri sur cette même question. « Hier [dimanche], je vous ai demandé comment vous vous sentiez, maintenant que vous savez que des membres importants de votre entourage, dont votre actuel chef de cabinet, M. [Ray] Novak, vous ont délibérément permis de répéter un message pendant des mois, à savoir que M. Duffy avait remboursé ses dépenses, alors que ce n'était pas le cas », a-t-elle commencé.

« Hier et ce matin, vous dites que vous n'acceptez pas les prémisses de cette question. Quelle partie de cette question n'acceptez-vous pas? »

« J'ai été très clair à ce sujet. Je tiens M. Duffy responsable de ne pas avoir remboursé ses dépenses, et M. Wright responsable du fait que ces dépenses n'ont pas été remboursées [par M. Duffy]. C'était l'obligation de ces deux personnes de s'assurer que tout cela était fait correctement. Ils ne l'ont pas fait. Ils sont les seuls responsables et c'est pour ça qu'ils sont imputables. »

M. Harper a ensuite répondu à une question similaire en français, en ne dérogeant aucunement à son message.

Trudeau et Mulcair maintiennent la pression

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, continue pour sa part de critiquer l'attitude de M. Harper dans ce dossier.

« C'est évident, d'après les courriels qui ont été déposés en cour la semaine dernière, que M. Harper n'a tout simplement pas dit la vérité aux Canadiens », a-t-il déclaré dans un point de presse tenu à Niagara Falls lundi.

« Il a effectivement tenté de trafiquer les règles de la Constitution concernant la résidence des sénateurs, il niait que les gens autour de lui savaient. Maintenant on sait que tout ça a été concocté dans son bureau par ses plus proches collaborateurs. »

Le chef du Parti libéral, qui a envoyé des questions par écrit à Stephen Harper, a de nouveau réclamé des réponses au chef conservateur, afin, selon lui, de « restaurer la confiance des Canadiens en nos institutions ».

« Je trouve que le fait que M. Harper continue de protéger et de garder autour de lui des gens qui ont été au cœur de ce cover-up [camouflage] démontre vraiment un manque de respect pour le poste important qu'il détient, mais aussi un manque de respect pour les Canadiens », a lancé Justin Trudeau, en point de presse à Ajax, en Ontario, où il a de nouveau exclu une coalition avec le NPD pour remplacer les conservateurs.

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