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Harper vante le surplus engrangé par son gouvernement

L'annonce d'un surplus fédéral de 1,9 milliard de dollars pour l'exercice financier s'étant terminé le 31 mars dernier a remis à l'avant-scène les enjeux économiques, chacun des trois principaux partis fédéralistes s'estimant le mieux placé pour gérer l'économie canadienne.

La nouvelle a réjoui le chef conservateur, Stephen Harper, dont le gouvernement avait plutôt anticipé un déficit de 2 milliards de dollars.

« Nous sommes retournés à l'équilibre budgétaire un an plus tôt que prévu », a-t-il lancé devant des militants conservateurs à Kamloops, en Colombie-Britannique, vantant « la gestion économique prudente » de son gouvernement.

Rappelant que le pays avait également enregistré un excédent budgétaire de 5 milliards de dollars pour les trois premiers mois de l'exercice en cours, soit d'avril à juin 2015, Stephen Harper a affiché un optimisme inébranlable, prédisant déjà « deux surplus consécutifs ».

Cette hausse des revenus s'expliquait cependant en bonne partie par la vente, en début d'année, des actions de General Motors détenues par le gouvernement, et le surplus prévu pour 2015-2016 est notamment basé sur des cours du pétrole plus hauts que les cours actuels.

« Le Canada demeure un îlot de stabilité dans un monde qui connaît des perturbations » économiques, a soutenu Stephen Harper, qui a brandi la menace d'un gouvernement libéral ou néo-démocrate, présentés comme des partis qui géreraient mal l'économie.

« Le 19 octobre prochain, les Canadiens choisiront un gouvernement pour gérer et protéger une économie fragile et vos emplois dans un monde d'incertitude économique », a-t-il lancé, martelant que la « priorité no 1 » des conservateurs était de « protéger l'économie ».

L'ancien directeur parlementaire du budget Kevin Page a estimé que l'économie canadienne avait connu une « forte croissance », évaluée à 2,5 %, en 2014.

La situation actuelle est cependant « très différente », a-t-il nuancé. « Pour 2015, à ce moment-ci, nous sommes environ à un demi-point de pourcentage. »

Une « bonne nouvelle », selon le NPD 

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a vu dans le surplus une « bonne nouvelle pour les Canadiens ». « Cela montre que le NPD pourra partir du bon pied » s'il est élu, a-t-il affirmé.

Rappelant que sa formation avait promis d'atteindre l'équilibre budgétaire dès la première année d'un mandat néo-démocrate, il en a profité pour faire la leçon aux libéraux de Justin Trudeau.

Se présentant comme un « administrateur prudent des fonds publics », le chef néo-démocrate a soutenu qu'on ne pouvait pas imposer une dette atteignant des dizaines de milliards de dollars « aux générations futures ».

« La vision à court terme de Justin Trudeau est passéiste, a-t-il soutenu. Ce que nous voulons, c'est une vision à long terme, c'est être [pour les provinces] un partenaire fiable pour des enjeux importants comme les soins de santé », dans lesquels il s'est d'ailleurs engagé à investir.

Le PLC déplore un « maigre surplus » réalisé au détriment des citoyens

Le chef libéral a pour sa part banalisé la portée du surplus de 1,9 milliard de dollars.

Justin Trudeau a noté au passage que le gouvernement sortant n'avait pas non plus dépensé toute l'enveloppe budgétaire qui devait être allouée à plusieurs programmes.

C'est à cause de cet « objectif politique » d'équilibre budgétaire que le Canada est tombé en récession, a-t-il martelé, ajoutant qu'il s'agissait du « seul pays du G7 » dans cette situation.

Il faut s'attarder à l'exercice financier actuel, a-t-il soutenu. « Selon le directeur parlementaire du budget et plusieurs experts, nous sommes présentement en déficit », a-t-il rappelé.

En juillet dernier, le directeur parlementaire du budget avait conclu que l'année 2015-2016 se solderait par un déficit de 1 milliard de dollars et non par le surplus de 1,4 milliard prévu par le gouvernement Harper dans son budget d'avril dernier.

La nouvelle n'a pas davantage plu au chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. À quoi bon bénéficier d'un surplus au fédéral si les provinces risquent d'être en faillite d'ici 30 ans, s'est-il demandé.

Il a souligné que le vieillissement de la population faisait monter en flèche les dépenses en santé, et que ce serait aux provinces de payer l'addition si rien n'était fait pour équilibrer les choses à Ottawa.

Le surplus dévoilé ne signifie pas pour autant que le Canada est sorti de la crise économique, a-t-il ajouté, fustigeant les adeptes de l'austérité budgétaire. Il a soutenu qu'il fallait plutôt profiter de la période économique actuelle pour investir.

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