Retour

Hausse de l’immigration : recul du français et de l’anglais d’ici 2036

Pour la première fois, une équipe d'analystes de Statistique Canada s'est penchée sur l'évolution des langues au Canada. Dans ses projections, elle prévoit que la croissance de l'immigration au pays fera reculer le poids relatif de l'anglais et du français en 2036.

Un texte de Natacha Lavigne

Le rapport, intitulé Immigration et diversité- projections de la population du Canada et ses régions, 2011 à 2036, calcule que d’ici 20 ans, près d’un Canadien sur deux sera un immigrant ou un enfant d’immigrant.

En 2011, environ 7 millions de personnes au pays n’avaient ni le français ni l’anglais comme langue maternelle.

En 2036, l’agence estime qu’entre 11 millions et 14 millions de personnes parleront une autre langue au pays. Par conséquent, l’étude révèle que la population ayant le français comme langue maternelle, à l’extérieur du Québec, passerait de 4 % en 2011 à entre 3 % et 3,6 % en 2036.

L’immigration francophone est un facteur clé. Quand on regarde ces chiffres, on se rend compte qu’on a vraiment besoin que les gouvernements provincial et fédéral agissent en partenaires avec les communautés francophones, pour qu’on soit en mesure d’avoir plus de succès.

Sylvianne Lanthier, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada

La présidente remarque également la corrélation entre le manque de places dans les services de garde et de la petite enfance francophones et le recul de la langue au pays. « C’est important sinon on perd du monde dès le départ », mentionne Mme Lanthier.

Selon Statistique Canada, la population immigrante sera particulièrement concentrée à Toronto (entre 46 % et 52 %), Vancouver (entre 42 % et 48,5 %), Calgary (entre 33 % et 41 %), Montréal (entre 28 % et 34 %) et Winnipeg (entre 29 % et 40 %).

Baisse généralisée de la population francophone en Ontario

Les régions francophones de la province, mise à part Ottawa, devraient enregistrer une baisse de leur population francophone, entre 2011 et 2036. Statistique Canada prévoit une baisse de 35 000 personnes, dont 8000 personnes dans le Grand Sudbury.

L’une des raisons est la faiblesse de l’immigration dans ces régions [...] la mortalité augmente et la population diminue parce qu’il n’y a pas assez de naissances pour compenser les décès.

René Houle, analyste principal à Statistique Canada

La proportion de la population anglophone en Ontario devrait toutefois augmenter en 2036, un phénomène à contre-courant de la tendance nationale.

Un des principaux facteurs qui contribue à cette baisse est la non-transmission du français dans les familles, dont un des parents parle la langue.

« Le phénomène est connu depuis longtemps, mais on sait que dans 10 familles où un parent est francophone, il y en a peut-être quatre ou cinq qui vont transmettre l’anglais plutôt que le français », explique l’analyste.

Un Forum sur l’immigration francophone se tiendra en mars à Moncton au Nouveau-Brunswick et réunira les ministres responsables de la francophonie et de l’immigration. À la veille de cette réunion, la FCFA tiendra au même endroit la Journée de réflexion sur l’immigration francophone.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine