Les syndicats albertains n'avaient plus vu ça depuis dix ans. L'an dernier, plus de 100 syndicats ont été accrédités dans la province, en partie en raison d'une nouvelle loi qui facilite la procédure d'accréditation.

Selon la Commission albertaine des relations de travail, 104 syndicats ont obtenu une accréditation au cours de l’année 2017-2018, contre 40 l’année précédente.

La plupart concernaient des entreprises du secteur de la construction et des services de santé comme des établissements de soins de longue durée.

Cette hausse peut s’expliquer par l’amélioration de la situation économique, mais aussi par l’application depuis le 1er septembre 2017 d’une méthode allégée pour reconnaître la création d’un syndicat, pense le professeur Bob Barnetson, spécialiste des relations de travail à l’Université d’Athabasca.

Il souligne d’ailleurs que les syndicats candidats ont essuyé un taux d’échec bien moindre que dans le passé.

Fini le vote systématique

Selon la nouvelle loi 17, la création d’un syndicat est approuvée automatiquement si 65 % des employés signent une demande en ce sens. Dans ce cas, les syndicats n’ont plus à se soumettre à un vote du personnel, comme c'était le cas auparavant.

Les organisations syndicales dénoncent depuis longtemps les pressions exercées par les employeurs dans la période de dix jours qui doivent précéder un vote.

« Ce genre de campagne est illégal, souligne Bob Barnetson, mais ça arrive quand même. » Les règles en vigueur jusqu’à l’adoption de la loi 17 « étaient conçues pour décourager activement les travailleurs albertains à exercer leur droit de se syndiquer », ajoute Gill McGowan, le président de la Fédération des travailleurs de l’Alberta.

L’opposition officielle en Alberta dénonce cette accréditation automatique, que les conservateurs voient comme une limitation de la liberté de choix des travailleurs.

Les conservateurs ont promis de remettre en cause cette disposition s’ils remportent les élections du printemps 2019.

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