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« Ils en veulent des débats, il va y en avoir » - Alexandre Cloutier

Alexandre Cloutier fait volte-face. Après avoir indiqué mercredi qu'il ne participerait qu'aux débats organisés par le Parti québécois et à un autre organisé par Le Devoir, il affirme maintenant qu'il sera sur toutes les tribunes où l'ensemble de ses adversaires seront réunis d'ici la fin de la course.

Un texte de François Messier

« Il n'y a aucun doute dans mon esprit que je vais participer à tous les débats où les autres candidats seront présents », a affirmé le député de Lac-Saint-Jean en se présentant pour la deuxième journée du caucus pré-sessionel du parti, à Gatineau.

Contrairement à ce qu'il a dit mercredi, M. Cloutier a notamment affirmé être prêt à participer à un débat organisé par des militants souverainistes au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La veille, il disait plutôt qu'il allait « participer à tous les débats que le Parti québécois organise », en plus de celui du Devoir.

Pressé de questions par les journalistes, le candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau a néanmoins plaidé qu'il n'avait pas changé d'avis.

« Je n'ai pas changé de stratégie pour deux cennes. Écoutez, on a eu une demande [pour un débat au Saguenay] au mois d'août. On s'est fait dire que les autres candidats ne voulaient pas », a-t-il fait valoir. Selon lui, Martine Ouellet et Véronique Hivon n'avaient pas répondu à l'invitation.

« Ce que je comprends pour la demande du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est qu'on aurait déjà accepté. Je veux quand même rappeler que c'est le même jour où il y a l'investiture dans Marie-Victorin, alors peut-être qu'on devra faire preuve d'un peu de souplesse », a-t-il ajouté.

Lorsque des journalistes lui ont soumis que son entourage laissait entendre mercredi que son horaire était trop chargé pour accepter d'autres débats, M. Cloutier a soutenu que cela était vrai, mais que les plans avaient changé depuis.

« On va tout tasser ça, on va aller à chacun des débats, en Montérégie, à Lanaudière, partout à travers le Québec », a-t-il dit. « Ils veulent débattre, on va débattre. Il y en a des enjeux sur la table. Le PQ doit se réformer. Si on est une copie carbone de ce qu'on a été par le passé, on s'en va dans le mur. »

Alexandre Cloutier a aussi souligné que ses rivaux dans la course avaient tous accepté l'idée que le Parti québécois organiserait deux débats, et que les régions qui les accueilleraient seraient choisies au sort, parmi celles qui sont intéressées. Selon lui, les règles ont maintenant changé.

« Je comprends que certains souhaitent modifier les règles durant la course. Alors on va s'ajuster, on va s'adapter, on va participer à tous les débats, partout à travers le Québec, soyez en assurés », a-t-il déclaré. « Par contre, je vais souhaiter qu'il y ait de l'équité pour l'ensemble des régions. »

M. Cloutier a par ailleurs profité de l'occasion pour critiquer ses rivaux, en affirmant que Jean-François Lisée « veut remettre aux calendes grecques l'indépendance du Québec », alors que Martine Ouellet agite « la baguette magique » de l'indépendance.

Lisée en appelle à l'unité du parti

S'adressant à la presse après M. Cloutier, Jean-François Lisée a « salué » la décision de son collègue de participer au débat du Saguenay. « Je pense que c'est une bonne décision. Ça montre sa volonté d'ouverture », a affirmé le député de Rosemont.

« Je suis content que la course prenne une nouvelle phase, il y a des gens qui craignaient que la course soit ennuyeuse; je pense que c'est derrière nous. Il y a des gens qui craignaient qu'il y ait un couronnement; je pense que c'est derrière nous », a-t-il dit.

Jean-François Lisée a ensuite saisi l'occasion de revenir sur les propos de son collègue qui le visaient, en laissant entendre qu'il craint pour la cohésion du parti au lendemain de l'élection du prochain chef.

« Vous ne m'entendrez pas dire que l'un, c'est la baguette magique, et que l'autre est irresponsable. Je pense que chacun apporte à cette course et offre aux militants une vision des choses, une démarche vers la victoire indépendantiste, qui est valable », a-t-il plaidé.

M. Lisée a aussi commenté des informations dévoilées hier par l'ex-député péquiste devenu commentateur politique Bernard Drainville, selon lesquelles des sondages internes le placent à égalité avec M. Cloutier dans les intentions de vote des membres, devant Véronique Hivon. Cette dernière s'est depuis retirée de la course, laissant pour l'instant orphelins les cinq députés péquistes qui s'étaient rangés à ses côtés.

« Jusqu'au retrait de Véronique, je m'étais résignée au fait que je pourrais gagner sans l'appui de députés mais, bien sûr, s'ils devaient, certains d'entre eux, venir avec moi, ce serait très positif », a-t-il observé.

Ouellet « déçue » par les travaux du caucus

Selon Martine Ouellet, la décision de M. Cloutier de participer à un débat au Saguenay est « une très bonne nouvelle » pour tout le monde. « J'ai l'impression que les différentes déclarations d'hier ont fait réagir les gens au Saguenay », a laissé tomber la députée de Vachon.

Mme Ouellet ne s'est pas gênée pour décocher quelques flèches envers M. Cloutier, particulièrement après que des membres de l'entourage de ce dernier eurent entrepris de lui souhaiter un bon anniversaire en chantant, alors qu'elle discutait avec la presse.

Mme Ouellet a refusé de dire si elle jugeait cela délibéré. « Vous leur demanderez », s'est-elle bornée à dire. « Ça ressemble à leur stratégie d'hier, où ils sont arrivés tous en bloc, derrière Alexandre. D'ailleurs, on a vu que ça n'a pas tout à fait fonctionné », a-t-elle ajouté.

Mme Ouellet avait précédemment affirmé qu'elle était « décue » des travaux du caucus, qui « sont influencés par la course » à la direction et par le fait que ses trois rivaux « tassent indépendance ».

« C'est la première fois depuis 2010 que l'indépendance est autant évacuée de nos travaux », a-t-elle déplorée, en appelant à ramener cet enjeu qui constitue la « raison d'être » du parti.

« Ce n'est pas parce qu'il y a une course que le chef par intérim ne peut pas se positionner », a encore dit Mme Ouellet, qui juge ce contexte « très inquiétant ». Elle a contesté qu'il s'agissait là d'un reproche dirigé envers Sylvain Gaudreault, mais d'un simple « constat ».

L'autre candidat dans la course à la direction, Paul St-Pierre Plamondon a également rencontré la presse parlementaire sur place, même s'il n'est pas membre du caucus péquiste. Il s'est aussi félicité qu'un débat au Saguenay soit maintenant dans les cartons.

Il a appelé les membres du parti à faire pression sur les exécutifs locaux pour s'assurer qu'ils puissent rencontrer tous les candidats à la direction. « Le parti appartient aux membres, pas à l'establishment », a-t-il soutenu. 

M. St-Pierre Plamondon, qui s'est plaint cette semaine, comme d'autres, que l'accès aux membres de certaines circonscriptions était bloqué, a convenu qu'il avait accès à un registre téléphonique des membres du PQ, mais pas à leurs courriels, ce qui contribue à compliquer son travail de séduction. 

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