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Ils sont aussi candidats à la mairie de Montréal

En tout, huit candidats briguent le poste de maire de Montréal en vue des élections du 5 novembre prochain. Considérés comme favoris, le maire sortant, Denis Coderre, et la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, font beaucoup parler d'eux. Mais qui sont ces autres candidats, moins connus, qui ont choisi de consacrer temps et argent à une campagne que plusieurs considèrent comme perdue d'avance?

Un texte de Jérôme Labbé

Jean E. Fortier a été président du comité exécutif de la Ville de Montréal et conseiller du district de Darlington sous la bannière de Vision Montréal entre 1998 et 2001. Depuis, il a notamment milité pour le Parti conservateur du Canada, allant même jusqu’à tenter sa chance dans la circonscription d'Ahuntsic en 2004, sans succès. M. Fortier a voulu revenir en politique municipale en 2013 avec le parti Vrai Changement pour Montréal, mais il s’est désisté en cours de route, plaidant ne pas vouloir « diviser le vote ».

Cet ancien ingénieur et banquier, aujourd’hui retraité, a obtenu ces dernières années une maîtrise en gestion des contrats municipaux d'ingénierie. Il plaide pour une plus grande transparence à l’Hôtel de Ville, admettant lui-même avoir subi des pressions à l’époque où il était le numéro deux de Pierre Bourque. Il propose aussi sa propre version du prolongement de la ligne bleue, qui deviendrait une « ligne du savoir » reliant la station Côte-des-Neiges à l'École de technologie supérieure (ETS), au centre-ville, en passant par un tunnel sous le mont Royal.

Sa candidature a été annoncée à la dernière minute par Coalition Montréal, qui a longtemps envisagé de ne présenter personne à la mairie. Il a depuis reçu l’appui du maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda. M. Fortier fêtera ses 66 ans mardi prochain. Son parti le présente comme une option de centre, « ni de gauche, ni de droite ». Il souhaite baisser les taxes et réduire les dépenses d’infrastructures pour investir davantage dans le transport en commun et le développement économique.

À 76 ans, Bernard « Bernie » Gurberg est le plus âgé des candidats à la mairie de Montréal. Cet entrepreneur, que la retraite n’intéresse pas, est propriétaire depuis 2004 du cinéma Dollar, situé dans un centre commercial du boulevard Décarie, à Côte-Saint-Luc. M. Gurberg a fait parler de lui dans les médias à quelques reprises au cours des dernières années, notamment en projetant le film controversé The Interview et en hébergeant à la dernière minute des films du Festival des films du monde, en 2016 et en 2017.

Il a annoncé sa candidature dans l’infolettre de son cinéma, le 7 septembre. Proche de ses clients, qu’il a d’ailleurs sollicités pour recueillir les 200 signatures nécessaires à sa candidature, il promet de continuer à travailler tous les jours dans son cinéma s’il est élu le 5 novembre. C’est la première fois qu’il se présente à une élection. Il déplore notamment que « 34 % des Montréalais vivent dans la pauvreté ».

Le fondateur du Regroupement citoyen pour l’avancement des communautés culturelles (RECIPACC), Fabrice Ntompa Ilunga, a beaucoup fait parler de lui l’an dernier, en enregistrant le nom du parti auprès du Directeur général des élections du Québec en vue des élections générales de 2018. L’idée a finalement été abandonnée au cours de l’année, le Regroupement ayant décidé de travailler avec le Parti libéral du Québec (PLQ). Fabrice Ntompa Ilunga a même été jusqu’en septembre dernier vice-président politique de l’Association libérale de Marguerite-Bourgeoys.

Détenteur d’un baccalauréat en politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, ce Congolais d’origine, né à Kinshasa, est arrivé au Québec à l’âge de 13 ans. Il est d’ailleurs vice-président de Communauté congolaise de Montréal (COCOM). M. Ilunga est aujourd'hui âgé de 29 ans et milite depuis plusieurs années pour sensibiliser les décideurs aux enjeux qui touchent les communautés culturelles. Il a notamment travaillé sur ces questions au sein du Nouveau Parti démocratique fédéral en 2015, ce qui ne l’a pas empêché, en mars 2017, de faire du bénévolat pour Yolande James lorsque celle-ci a brigué l’investiture du Parti libéral du Canada (PLC) dans Saint-Laurent (c’est finalement Emmanuella Lambropoulos qui l’a emporté).

M. Ilunga est officiellement à l’emploi du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, territoire Jeanne-Mance, mais il a pris deux années sabbatiques pour effectuer un changement de carrière. Il étudie actuellement en relations industrielles à l’Université de Montréal.

Très actif sur les réseaux sociaux, Tyler Lemco, qui se définit sur LinkedIn comme un spécialiste des médias numériques et un créateur de contenu, s’est fait connaître des médias traditionnels lors de la campagne électorale fédérale de 2015 en posant des affiches humoristiques sur lesquelles on pouvait lire : « Je ne suis pas candidat, je voulais seulement une pancarte » (Not running for anything, I just wanted a sign, en anglais). Cette fois, cependant, il est sérieux… ou presque.

Le vlogueur de 29 ans promet entre autres de ramener la coupe Stanley à Montréal et de célébrer en grand le 376e anniversaire de la ville. Concernant le récent règlement qui interdit l’acquisition de nouveaux chiens de type pitbull à Montréal, il l’abrogerait et se contenterait d’interdire la présence de Pitbull, le rappeur.

Tyler Lemco, qui s’exprime difficilement en français, se promet de documenter toute sa campagne sur les réseaux sociaux. « Si je gagne, ce sera encore meilleur pour mon show! » a-t-il expliqué en annonçant sa candidature dans une vidéo partagée sur YouTube, cet été. Il admet lui-même ne pas savoir ce qu’il fait.

À 24 ans, Philippe Tessier est le candidat le plus jeune – et peut-être le moins connu – de tous ceux qui convoitent la mairie. Militant communiste, il fait campagne en marge des médias traditionnels et des médias sociaux.

Dans les tracts qu’il a fait parvenir à Radio-Canada, il accuse « les gouvernements capitalistes [d’être] responsables du désastre des inondations au Québec », dénonce « les attaques contre les musulmans et les mosquées » et demande l’arrêt du « coup monté contre les travailleurs du rail Thomas Harding et Richard Labrie », accusés d’avoir provoqué la tragédie de Lac-Mégantic, en 2013.

Il se décrit comme un travailleur d’usine et comme un candidat pour la Ligue communiste, bien qu’il soit inscrit officiellement comme indépendant auprès d’Élection Montréal.

Gilbert Thibodeau a tenté à plusieurs reprises de se faire élire par le passé, sans jamais y parvenir. Il a notamment tenté sa chance en 2008 avec le PLQ dans Pointe-aux-Trembles, en 2011 avec le PLC dans Hochelaga ainsi qu’en 2013 avec l’Équipe Coderre dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où il se présentait comme « la voix des petits commerçants ».

Cet ancien restaurateur de 59 ans, qui possède aujourd’hui une compagnie d’informatique, a également brigué l’investiture libérale dans la circonscription fédérale d’Ahuntsic-Cartierville, en 2015. Il s’est toutefois désisté avant la fin de la course, que Mélanie Joly a remportée.

Diplômé de HEC Montréal, M. Thibodeau prône une réduction du nombre d’élus au conseil municipal, qu’il juge trop partisan, et promet de diminuer le nombre de commissions permanentes. Il propose aussi d’éliminer les droits de mutation immobilière, ou « taxe de bienvenue », lors d’une première acquisition de résidence et de prolonger le réseau du métro jusqu’à Pointe-aux-Trembles.

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