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Imagerie médicale : Barrette estime avoir tenu parole

Le ministre de la Santé estime avoir tenu ses promesses quant à l'accès aux examens d'imagerie médicale, soulignant que près de 100 000 patients de plus en ont bénéficié l'an passé. Gaétan Barrette croit par ailleurs que si, comme le souligne La Presse, certains appareils sont encore sous-utilisés dans des hôpitaux, c'est aux administrations locales qu'en revient la responsabilité.

Un texte de Stéphane Bordeleau

Selon des informations publiées par le quotidien La Presse, les appareils d'imagerie médicale qui servent notamment à détecter et à suivre plusieurs maladies graves, dont le cancer, ne sont que très peu utilisés les soirs et les week-ends, alors que des milliers de patients attendent longtemps sur des listes pour passer ces examens.

Qui plus est, ce sont dans les hôpitaux des grands centres urbains, notamment à Montréal, Laval, Gatineau et Sherbrooke, qui pourtant disposent du nombre le plus élevé de ce type d'appareils, que les délais sont les plus longs pour les tests de résonance magnétique et de tomodensitométrie, ce que confirme la présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

« Le CHUM, par exemple, qui a six appareils de résonnance magnétique, il y a en a un qui fonctionne le soir et un la fin de semaine. On a cinq appareils sur lesquels on ne travaille pas en soirée et pendant ce temps des milliers de personnes attendent sur des listes pour avoir ces examens-là », a expliqué Carolle Dubé sur les ondes de RDI.

Or, selon le ministre de la Santé Gaétan Barrette, des sommes ont pourtant été dégagées et des progrès notables ont été réalisés en matière d’accès à ces examens au cours des derniers mois.

« Ce que j’ai annoncé a été fait au bénéfice des citoyens. C’est presque 100 000 personnes de plus qui ont eu des examens par rapport à l’année d’avant », a souligné le ministre Barrette à son arrivée au caucus.

Mais comment expliquer alors la sous-utilisation des appareils d’imagerie médicale dans les endroits où on en a le plus besoin? Selon le ministre, c’est aux administrations locales qu’il faudrait poser la question.

« J’ai été surpris, moi, d’apprendre la sous-utilisation de certains appareils dans le réseau alors que je demande à ce que ces appareils-là soient utilisés à leur pleine capacité, c’est le gros bon sens. Alors je vais réitérer mon message », a expliqué le ministre de la Santé.

Le réseau attend toujours des ressources

Cet avis est loin d’être partagé par Carolle Dubé. Selon elle, le ministre demande aux établissements de traiter davantage de patients, certes, mais il ne leur procure pas les ressources financières supplémentaires pour le faire.

« Je ne sais pas si l’argent s’est perdu dans les dédales du système, mais […] au niveau de ce que les jeunes nous disent sur le terrain, il n’y a pas d’ajouts supplémentaires qui sont possibles actuellement parce qu’on n’a pas les ressources financières pour pouvoir le faire », constate Mme Dubé.

Pas de pénurie de personnel

Questionnée sur la possibilité d’une pénurie de personnel compétent pour opérer ces appareils d’examen dans les hôpitaux, Carolle Dubé n’y croit pas.

« À chaque année, on a plus de 200 technologues qui sortent des écoles. […] Si les établissements affichent des postes à temps complet, on va trouver preneur, on va trouver des solutions », assure-t-elle.

Pour afficher des postes, les établissements doivent avoir une garantie financière du gouvernement et actuellement ce n’est pas le cas, souligne Carolle Dubé.

« Les hôpitaux sont dans des efforts de compressions et de coupures budgétaires. On est dans ça depuis deux ou trois ans avec M. Barrette », rappelle la présidente de l’Alliance.

Pendant ce temps, les patients qui désirent passer rapidement leurs examens d’imagerie médicale doivent s’adresser à des cliniques privées, une ressource vers laquelle le ministre Barrette songe à diriger de plus en plus de patients, aux frais de l’État, pour réduire les listes d’attente.

Une solution que rejette Mme Dubé puisque les hôpitaux publics disposent déjà d’appareils d’imagerie

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