Retour

Immigration, cours de français et UPAC : les ministres réagissent

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx et la ministre de l'Immigration Kathleen Weil ont réagi à des reportages de Radio-Canada au sujet de soupçons d'irrégularités dans les dossiers d'étudiants internationaux qui veulent immigrer au Québec. Les deux ministres estiment que des vérifications sont nécessaires, notamment à cause d'une enquête policière visant deux commissions scolaires anglophones.

Un texte de Bahador Zabihiyan

L'hiver dernier, le ministre de l'Éducation nommait une vérificatrice à la suite d'allégations d’irrégularités dans les commissions scolaires Lester B. Pearson et English-Montreal. De son côté, l'UPAC ouvrait une enquête. Les programmes destinés aux étudiants internationaux étaient dans la ligne de mire de l’UPAC et de la vérificatrice.

Cinq mois plus tard, les enquêtes de l'UPAC et de la vérificatrice continuent.

Radio-Canada a appris que la vérificatrice ne s'est pas encore rendue dans les bureaux de la Commission scolaire English-Montreal.

Conséquence des deux enquêtes : le ministère de l'Immigration a rejeté les dossiers de 320 étudiants étrangers depuis novembre 2016.

Le ministère a vérifié 600 dossiers, notamment parce qu'il avait des doutes sur la connaissance du français des candidats.

Ces derniers avaient pourtant réussi un cours de français intermédiaire et avaient obtenu un diplôme au Québec. En théorie, ces deux facteurs leur permettent d’être acceptés sur dossier, sans entrevue.

Un programme d’immigration « sans entrevue »

Le Programme de l’expérience québécoise a été mis en place par Jean Charest en 2009.

En vertu de ce programme, les étudiants internationaux qui ont obtenu un diplôme ici et qui ont réussi un cours de français reconnu par les commissions scolaires peuvent être acceptés sur dossier.

Jusqu’à la fin de l’année dernière, le ministère de l’Immigration faisait la promotion de ce programme sur plusieurs campus. Dans des présentations en anglais, le ministère vantait le fait que les candidats pouvaient être acceptés sans avoir à passer d’entrevue, selon des photos obtenues par Radio-Canada.

Mais plusieurs centaines de candidats ont été convoqués à une entrevue pour vérifier leur connaissance de la langue française, depuis l’ouverture des enquêtes administrative et policière visant les commissions scolaires anglophones.

De nombreux étudiants étrangers estiment qu’ils n’ont fait que suivre les conditions imposées par le ministère de l’Immigration. De plus, plusieurs indiquent que l’entrevue est bien plus difficile que des examens écrits dans le cadre d’un cours de français.

Une demande de révision judiciaire a été déposée en ce sens récemment.

La ministre Kathleen Weil ne remet pas en cause le programme d’immigration destiné aux étudiants internationaux. « Ce n'est pas le programme qui est remis en question », dit Mme Weil.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine