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Impasse à Tracadie : que faire devant un conseil municipal dysfonctionnel?

Les discussions enflammées ou les désaccords entre des élus sont chose courante dans le monde municipal. Mais qu'arrive-t-il lorsque des conflits internes paralysent les activités d'une municipalité?

Un texte de Catherine Allard

Depuis des mois, le conseil municipal de Tracadie est divisé sur de nombreux enjeux. Ces désaccords ont récemment mené à des menaces de démission de la part du maire et à l’annulation d'une séance du conseil, lundi, en raison de son boycottage par une majorité de conseillers.

On en vient à se demander si les élus municipaux réussissent, dans ce climat, à mener les dossiers de la municipalité et à répondre aux attentes des citoyens.

Pas de recours pour dénouer l'impasse

Le directeur général de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), Frédérick Dion, croit qu’il est temps que la province se dote d’un organisme indépendant qui pourrait accompagner les municipalités lorsqu'elles ont des questions ou font face à des difficultés.

« On est arrivé à un niveau de maturité dans le monde municipal et le ministère des Gouvernements locaux n’est plus en mesure de répondre aux demandes et aux exigences, autant de la municipalité que du citoyen », dit Frédérick Dion.

Le modèle québécois, un exemple à suivre

Au Québec, il existe un organisme indépendant qui a comme mission d’épauler les municipalités en difficultés et leurs élus.

La Commission municipale du Québec est à la fois un tribunal administratif, une commission d’enquête publique, un médiateur, un administrateur, un tuteur pour les municipalités en difficulté et un organisme-conseil pour le ministre des Affaires municipales.

Une porte-parole de la commission affirme que si Tracadie se trouvait au Québec, une demande pourrait être faite pour que l’organisme intervienne auprès du conseil municipal.

L’exemple du Québec montre qu’il existe un besoin pour ce genre de structure. L’année dernière, la Commission municipale du Québec a reçu plus d’une centaine de demandes de soutien.

En l'absence d'un tel organisme au Nouveau-Brunswick, les citoyens qui voudraient forcer leurs conseillers municipaux à laisser tomber la discorde et à se remettre au travail n’ont d’autres choix que d’attendre les prochaines élections municipales, tous les quatre ans.

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