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Interdiction d’enregistrement au Conseil municipal de Tracadie : une mesure « antidémocratique »

L'Association acadienne des journalistes (AAJ) déplore que la municipalité régionale de Tracadie interdise l'enregistrement de la période des questions à la rencontre du Conseil municipal. L'AAJ estime que c'est une atteinte à la démocratie et que ça nuira à l'accès à l'information.

Un texte d'Émilie Pelletier

« Les réunions publiques des conseils municipaux c’est une partie importante du processus démocratique et les journalistes les suivent attentivement, aussi attentivement que possible », explique d’entrée de jeu Mathieu Roy-Comeau, président de l’Association.

Une situation semblable avait créé des remous en 2013 à la Ville de Shippagan, lorsque la municipalité s’était donné le droit d’interdire l’enregistrement de ses réunions publiques et de censurer certains passages à la Télévision Rogers.

M. Roy-Comeau estime important que les journalistes puissent avoir accès à la période de questions du public pour rapporter ce qui s’y dit. « [Il faut] rapporter aux gens ce qui se passe là, parce qu’évidemment tout le monde n’a pas la chance de s’y rendre pour rencontrer leurs élus. »

Ce dernier qualifie cette décision de la municipalité de « très étrange ».

Une mesure qui ne date pas d'hier

De son côté, le maire de Tracadie, Denis Losier, fait remarquer que cette mesure est en vigueur depuis déjà un certain temps.

Il explique que la Ville de Tracadie avait instauré le huis clos autour de la période de questions du public après que des citoyens eurent indiqué ne pas vouloir être filmés ou enregistrés.

« Il y a eu plusieurs plaintes des citoyens que ça les rendait mal à l'aise d'aller devant le public et encore plus quand il y avait des médias qui les filmaient », a-t-il fait remarquer.

C'est donc pour permettre à tous les citoyens de se sentir à l'aise de se prononcer en public, devant le Conseil municipal, que la municipalité avait pris cette décision.

Le maire indique toutefois qu'il est sain que ce débat soit rouvert. « Je préconise beaucoup la transparence et l'accès à l'information à la population », a-t-il ajouté.

Le président de l'AAJ croit quant à lui que les besoins des uns ne peuvent passer avant le droit de savoir de tous. « On ne peut pas faire passer les désirs individuels d’un ou deux citoyens devant le droit de l’ensemble des citoyens de savoir ce qui se passe au Conseil municipal », s’est-il exclamé.

L’AAJ affirme avoir été mise au courant de cette décision il y a deux semaines et a réagi mercredi par voie de communiqué.

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