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Interdictions des dons corporatifs et syndicaux aux partis politiques : réactions mitigées

Brian Gallant a créé la surprise jeudi en annonçant qu'il appuierait un amendement du Parti conservateur qui souhaite interdire les dons des entreprises et des syndicats aux partis politiques. Alors que certains saluent la décision, le NPD nuance.

Jusque-là il n’était pas question de bannir ces contributions-là, du moins pas avant les prochaines élections.

Avec ce nouvel amendement, les contributions des entreprises et des syndicats aux partis politiques pourraient être bannies dès le 1er juin. De quoi laisser encore le temps au parti libéral d’amasser quelques fonds lors de son souper-bénéfice, tout comme le parti conservateur l’a fait la semaine dernière.

Cette soudaine prise de position du gouvernement Gallant a pris de court tout les partis à la législatire. Si Blaine Higgs ne s'attendait pas à un appui de l'amendement, le chef néo-démocrate, Rosaire L'Italien a tenu à rappeler que cette proposition figurait déjà dans les propositions du NPD.

« Nous applaudissons ce geste des libéraux de copier une autre partie de notre plateforme », a-t-il déclaré.

Crainte des prête-noms

Plus tôt en mars, le gouvernement avait également fait savoir qu'il souhaitait diminuer de moitié les contributions permises aux partis politiques, les faisant passer à 3000 $.

Rosaire L'Italien souhaiterait que le gouvernement établisse la limite des dons politiques à 1000 $ afin d'éviter un système de prête-noms.

« On a eu des enquête au niveau fédéral ou au niveau provincial, comme au Québec, qui nous ont montré que des dirigeants ou des employés de compagnies ont fait des dons maximums et c'était remboursé par les compagnies », a-t-il fait remarquer.

« Nous on dit qu'un don de 1000 $, ce serait raisonnable et ça ouvrirait la démocratie à tout le monde », a-t-il poursuivi.

Une association d'entreprises salue l'initiative

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dit bien accueillir la nouvelle.

En 2013, l'association avait posé la question des dons corporatifs à ses membres dans un sondage où 68 % d'entre eux étaient d’accord avec une telle interdiction.

« À la FCEI, on est composé de petites et moyennes entreprises. Il ne faut pas oublier que les petites moyennes entreprises appartiennent à des personnes. Les entreprises ne votent pas. [...] C’était la perception des propriétaires d’entreprises à ce moment-là que les contributions venant des corporations et des unions ne devraient pas être permises aux partis politiques », a déclaré Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales de la FCEI.

La FCEI souhaiterait maintenant que le gouvernement se penche sur la création d’un registre des lobbyistes.

D'après le reportage de Michel Corriveau

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