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Investissements étrangers : Trudeau mise sur la stabilité du Canada

Attirer des investissements étrangers au Canada : c'est l'un des objectifs de Justin Trudeau lors de sa participation au Sommet des Amériques qui commence vendredi au Pérou. Il s'est adressé à des centaines de dirigeants d'entreprises réunis à Lima. En toile de fond, la crise entourant l'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan semble en refroidir certains dans le milieu des affaires.

Un texte de Philippe-Vincent Foisycorrespondant parlementaire à Ottawa

« Vous devez évoluer dans un climat d’affaires qui tourne à plein régime – c’est-à-dire avec un faible taux de chômage et une croissance économique forte », a indiqué le premier ministre.

L’ancien ministre du Commerce du Pérou, José Luis Silva, croit que le Canada est un endroit de choix pour les affaires.

« Notre compagnie négocie des ententes avec deux compagnies canadiennes, soutient M. Silva qui est directeur général d’une compagnie pharmaceutique. Le Canada est un pays très chaleureux avec les gens d’affaires, je ne vois pas d’enjeux avec le commerce. »

L'oléoduc Trans Mountain et la crédibilité canadienne

L’incertitude causée par la crise entourant l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan pourrait toutefois nuire à la crédibilité du Canada auprès des investisseurs étrangers, selon Siegfried W. Kiefer, président d’ATCO, une entreprise albertaine.

« Il faut un processus clair et défini dans le temps, ajoute M. Kiefer. Il faut aussi être certain qu’une fois qu’un projet est approuvé il peut aller de l’avant. »

Le premier ministre retournera d’ailleurs à Ottawa dimanche, pour rencontrer les premiers ministres de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, Rachel Notley et John Horgan.

Pour Ottawa, le projet d’oléoduc ira de l’avant, même si la Colombie-Britannique compte mettre des bâtons dans les roues de Kinder Morgan qui a menacé de mettre fin au projet d’ici le 31 mai.

Dans son discours devant les gens d’affaires, Justin Trudeau a expliqué que le Canada était un endroit de choix pour investir, notamment à cause de son ouverture vers d’autres marchés.

Il reste très optimiste quant à la renégociation de l’ALENA. Dans ce dossier, certains déplorent que l’imprévisibilité de l’administration américaine augmente aussi l’incertitude des investisseurs.

« Avec nos partenaires mexicains et américains, nous progressons dans la modernisation de l’ALENA », a-t-il affirmé.

La ministre des Affaires étrangères du Canada a rappelé que son gouvernement rencontrait fréquemment « les amis mexicains ».

Chrystia Freeland a aussi indiqué que les négociateurs des trois pays sont présentement à Washington et y passeront toute la fin de semaine, alors que le rythme des travaux s’intensifie.

« Nous avons vraiment fait du progrès concret au cours des six dernières semaines, a-t-elle affirmé. Nous sommes optimistes, c’est l’attitude qu’il faut avoir. »

Justin Trudeau aura d’ailleurs une meilleure idée des intentions de l’administration américaine samedi lors de sa rencontre avec le vice-président Mike Pence.

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