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« J'en appelle à la conscience sociale des médecins » - Gaétan Barrette

En annonçant lundi matin le début d'une nouvelle ronde de négociations avec les médecins, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a été très clair : les ententes salariales qui avaient été conclues en 2006 entre le gouvernement et les médecins québécois pour que leur rémunération rattrape la moyenne de celle des médecins canadiens devront être revues à la baisse.

M. Barrette soutient qu'il ne renie pas les promesses du gouvernement en exigeant une telle chose, mais qu'il met à jour l'esprit initial de l'entente de 2006, « qui était celui d'un rattrapage, et non d'un dépassement de la moyenne canadienne ».

Selon le ministre, les ententes « substantielles » négociées en 2006 l'ont été sur la base des projections sur 10 ans des augmentations qui seraient données ailleurs au Canada. Cependant, les augmentations salariales des médecins canadiens ont connu un certain ralentissement, ce qui lui fait dire que « le rattrapage est déjà complété » et que « si la tendance se maintient, le Québec dépassera l'Ontario ».

Le ministre de la Santé souligne qu'en Ontario on a présenté aux organisations médicales des propositions qui visaient à faire augmenter la rémunération des médecins d'un maximum de 2,5 % par année pour les cinq prochaines années, et qu'en Alberta on vient de rouvrir les ententes avec ceux-ci pour conclure une augmentation de 1,5 % pour les deux prochaines années.

Il rappelle aussi que l'enveloppe totale payée par l'État québécois pour la rémunération des médecins est de l'ordre de 7 milliards de dollars par année. Cela représente 875 $ par personne. L'Ontario débourse de son côté 970 $ par personne pour payer ses médecins. Cet écart est simplement représentatif du coût de la vie entre les deux provinces, dit-il.

La productivité des médecins en cause

La négociation qui s'ouvre avec les médecins québécois sera aussi l'occasion de se pencher sur la quantité de travail qui leur est réservée.

Gaétan Barrette souligne qu'il y a plus de médecins au Québec per capita que dans les autres provinces. Il compte donc, lors des négociations, lancer « une étude comparée de la productivité des médecins du Québec et de l'Ontario ». Selon lui, « comparer des enveloppes, c'est la base, c'est essentiel, mais ne pas lier cette comparaison à la charge de travail ce serait une erreur, et il est tout aussi essentiel de le faire ».

« Je suis convaincu que si on prend les médecins un par un sur le terrain, ils vont dire qu'ils ont une rémunération correcte et que la vaste majorité ne veut pas dépasser la moyenne canadienne », poursuit-il.

Le ministre de la Santé note que son intention de revoir les ententes conclues en 2006, qu'il avait lui-même négociées pour la partie syndicale lorsqu'il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, n'est pas une annonce « surprenante » pour les fédérations médicales.

« J'ai déjà eu plusieurs discussions là-dessus avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec et la Fédération des médecins spécialistes », a-t-il dit.

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