Retour

Jacques Chagnon dérape en mêlée de presse, puis regrette

Une mêlée de presse embarrassante a conduit le président de l'Assemblée nationale à faire une « mise au point ». Jeudi, Jacques Chagnon a justifié son refus de dévoiler les achats de bouteilles de vin lors de missions parlementaires pour les mêmes raisons qu'il ne révèlerait pas le « coût pour le teinturier [des] petites culottes » du journaliste qui l'interrogeait.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Dans un communiqué de presse vendredi, l’Assemblée nationale indique que le président « regrette le ton employé et la tournure de la mêlée de presse », sans revenir toutefois sur son énigmatique comparaison ayant suscité beaucoup de réactions sur les médias sociaux.

M. Chagnon a tenu ces propos à la sortie d’une réunion du Bureau de l’Assemblée nationale pendant laquelle il a été question d’assurer une meilleure transparence dans les dépenses des députés. Amir Khadir de Québec solidaire – qui n’est pas un parti reconnu par le Parlement – avait exceptionnellement été admis pour présenter ses propositions sur le sujet, mais n’a pu prendre part aux délibérations.

L’opacité dans la reddition de comptes des dépenses des parlementaires à l’étranger a suscité de vives critiques dans les dernières semaines. Plusieurs élus ont dénoncé aux médias, sous couvert de l’anonymat, que M. Chagnon ne lésine pas sur les dépenses, jugées excessives parfois.

Le premier ministre Philippe Couillard a refusé de commenter l'affaire.

« Ce n’est pas du gouvernement dont il est question, mais bien de l’Assemblée nationale, a-t-il souligné. C’est à l’Assemblée nationale de se gouverner. Il y a le bureau de l’Assemblée nationale, où les députés sont là avec le président pour discuter de ces questions. C’est à eux et à elles d’en débattre. Je suis très attaché, comme vous le savez, à la séparation des pouvoirs. »

Les bonnes pratiques

Le Bureau de l’Assemblée nationale a finalement statué, rappelle le communiqué, que « la présentation des rapports de mission sera modifiée de façon à mieux ventiler les coûts ». Une étude sur des propositions de réformes à apporter et pratiques d’autres parlements sera aussi présentée aux whips des partis politiques, « si possible cet été ».

Le président Jacques Chagnon veut donc tendre vers les « meilleures pratiques en usage sur ces questions » et elles devront « s’appliquer à toutes les facettes de la vie parlementaire, bureaux de circonscription, logements, missions, etc. ».

Ces dépenses potentiellement gênantes demeureront toujours inclues dans le montant global, mais pourraient être glissées dans une sous-catégorie comme celle de l’hébergement. De quoi laisser place aux plus libres interprétations.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un gros chien fait des vagues en apprenant à nager





Rabais de la semaine