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Jagmeet Singh défend sa présence au rassemblement indépendantiste sikh

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, s'est défendu mercredi, affirmant que sa participation à un rassemblement à San Francisco en 2015 ne devrait pas être interprétée comme un soutien aux éléments extrémistes de la communauté sikhe qui réclament l'indépendance de leur pays.

M. Singh, qui a passé une grande partie de sa vie politique à faire reconnaître les émeutes de 1984 en Inde comme un acte de génocide, a dit qu'il participait au rassemblement pour favoriser la paix dans une communauté encore endeuillée trois décennies plus tard.

Ces violences avaient suivi l'assassinat de la première ministre indienne Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs, après qu'elle eut ordonné une attaque militaire contre le Temple d'Or à Amritsar pour chasser les nationalistes sikhs. Il y aurait eu de 8000 à 10 000 morts durant les émeutes.

« Quand vos proches ont été ciblés pour ce qu'ils étaient, vous êtes confrontés à la question de savoir comment répondre. Ma réponse a été de forger mon identité et de travailler plus fort pour défendre les droits de l'homme et d’empêcher que les voix des marginalisés soient réduites au silence », a ajouté M. Singh.

Lors du rassemblement, une grande affiche de Jarnail Singh Bhindranwale, un chef militant considéré par le gouvernement indien comme un terroriste, mais admiré par certains sikhs qui veulent un État séparé de l'Inde, a été déployée.

Bhindranwale a été tué dans un raid militaire indien visant le Temple d'Or, un site sacré considéré alors comme un foyer du mouvement d'indépendance du Khalistan. Depuis plusieurs années, les sikhs revendiquent la création d'un État indépendant qu'ils appellent le Khalistan.

D'autres sikhs dénigrent la mémoire de Bhindranwale, car il est soupçonné d'être responsable de nombreuses morts, y compris celles des sikhs qui s'opposaient à la partition de l'Inde.

Dans son discours, M. Singh a accusé l'Inde de génocide pour les attaques contre les sikhs après les événements du Temple d'Or. Au moment du rassemblement, M. Singh était membre de la législature provinciale de l'Ontario et avait parrainé une motion demandant à l'Ontario de reconnaître les émeutes anti-sikhs comme un acte de génocide.

Jagmeet Singh s'explique

Dans un communiqué envoyé mercredi après que le Globe and Mail eut signalé pour la première fois sa présence au rassemblement, M. Singh a déclaré qu'il ne soutenait pas les actes terroristes.

« Le terrorisme ne peut jamais être considéré comme un moyen de faire avancer la cause d'un seul groupe, mais seulement de souffrir, de souffrir et de mourir », a précisé M. Singh.

La déclaration du chef du NPD intervient alors que les relations entre le Canada et l'Inde sont tendues, en partie à cause des préoccupations indiennes persistantes selon lesquelles le gouvernement canadien tolérait le séparatisme et l'extrémisme sikhs.

Le gouvernement canadien a été accusé plusieurs fois dans les médias indiens et par certains politiciens locaux de se montrer sympathique à la cause des séparatistes sikhs lors de la dernière visite du premier ministre Justin Trudeau.

M. Trudeau a dû faire preuve de prudence et de diplomatie lors de sa récente visite en Inde, rassurant le premier ministre indien Narendra Modi que le Canada soutient une Inde unie et ne cautionne aucune forme d'extrémisme. Le Canada a d’ailleurs signé un cadre de sécurité conjoint avec l'Inde pour contrer le terrorisme et l'extrémisme violent.

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