Jagmeet Singh devient le chef du Nouveau parti démocratique (NPD) après avoir obtenu 53,8 % d'appui dès le premier tour, dont le résultat a été dévoilé dimanche, à Toronto.

Le député provincial ontarien, qui s'est maintenu à la tête des intentions de vote tout au long de la course, a récolté 35 266 votes. Il a ainsi devancé son principal rival, le vétéran du parti Charlie Angus, qui a obtenu 19,4 % des voix.

La Manitobaine Niki Ashton, candidate la plus à gauche de la formation, et le seul candidat du Québec, Guy Caron, ont terminé respectivement avec 17,4 % et 9,4 % des votes.

En remportant la victoire, M. Singh devient le premier chef de parti d’une formation politique sur la scène fédérale issu d’une minorité visible. « Je suis ici seulement parce que des gens ont repoussé les obstacles. Je me suis rendu ici grâce à leur courage et j’espère être en position de donner la même inspiration à d’autres », a-t-il assuré.

« Nous sommes le parti qui construit un meilleur Canada », a déclaré le nouveau chef à la foule, entouré des autres candidats à la chefferie. M. Singh s’est réjoui de cette course qui a su « renouveler l’enthousiasme » au sein du parti.« C’est en nous que nous pouvons voir l’avenir de notre pays. Nous pouvons voir à quel point le Canada sera formidable avec un nouveau gouvernement néo-démocrate », a-t-il poursuivi, annonçant du même coup que sa campagne pour devenir premier ministre du Canada commençait dès maintenant.

65 782 des 124 000 membres (52,8%) que compte la formation ont participé au scrutin.

Jagmeet Singh se voit incomber la tâche de redonner un nouveau souffle au parti et de remonter le moral de ses troupes, qui a été miné par les résultats décevants du NPD aux élections de 2015.Le chef sortant Thomas Mulcair avait tenu à demeurer à la tête de la formation en attendant l’élection de son successeur, malgré le désaveu exprimé par ses membres au printemps 2016.

Lors de son discours de victoire, Jagmeet Singh a remercié M. Mulcair pour son travail acharné qui a permis au NPD de percer au Québec. L'ancien chef de la formation n'était pas présent lors de l'annonce du résultat.

Message de solidarité« Je sais ce que c’est d’être marginalisé en raison de sa langue. [...] Je serai un allié dans la défense et la promotion de votre culture », a assuré M. Singh en s’adressant aux Québécois.

Sa candidature avait suscité son lot de réactions au sein des députés de la province.

De religion sikhe, Jagmeet Singh porte le turban et le kirpan, des signes religieux que le député Pierre Nantel a déjà qualifié d’incompatibles « avec ce les Québécois veulent voir chez leurs politiciens ».La chef du Bloc québécois Martine Ouellet avait joint sa voix à celle du député de Longueuil–Saint-Hubert pour dénoncer ces signes qui servent à promouvoir la religion sikhe, ce qui vient à l’encontre du projet de loi sur la neutralité religieuse que compte adopter le gouvernement québécois.

Outre les relations avec le Québec, le nouveau chef du NPD entend faire de la réconciliation avec les peuples autochtones l’une de ses priorités. « Les Canadiens doivent s’unir et promouvoir une politique courageuse pour combattre la politique de peur [avec] une politique que seulement les néo-démocrates peuvent livrer », a-t-il affirmé.M. Singh a indiqué que les inégalités sociales, les changements climatiques et la réforme électorale seraient au cœur de ses préoccupations.Sans siège aux Communes, Jagmeet Singh devra abandonner son poste à la législature ontarienne et se faire élire comme député fédéral.

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