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James Moore donne un avertissement aux candidats conservateurs

Les récentes sorties fracassantes sur l'immigration de certains candidats à la direction du Parti conservateur ne font rien pour aider la formation politique, estime l'ancien ministre James Moore.

Un texte de Mathieu Gohier

Membre du cabinet de Stephen Harper de 2008 à 2015, l'ex-ministre de la Colombie-Britannique croit que le parti doit s'inspirer de ce qui a fait le succès des premiers ministres Brian Mulroney et Stephen Harper.

« On voulait ouvrir les portes du Parti conservateur pour le plus grand nombre de Canadiens possible. On ne parlait pas de petites idées ou de maximiser notre capacité d'être pur comme un parti conservateur idéologique. On parlait de sujets qui préoccupaient le public », explique-t-il en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir.

James Moore redoute que les débats polémiques actuels divisent davantage les Canadiens qu'ils ne les rassemblent autour du Parti conservateur. L'ancien ministre croit que les électeurs se demanderont si la personne choisie pour diriger le parti aura l'envergure nécessaire pour devenir premier ministre.

« Est-ce que cette personne est vraiment prête, prête à devenir le premier ministre du Canada? Avec une plateforme claire, qui va parler à tous les Canadiens et qui ne divise pas entre les régions du pays, entre les langues officielles et entre les immigrants contre les anciennes générations de Canadiens? », illustre M. Moore.

L'unilinguisme n'est pas une option

S'il n'appuie officiellement pas de candidat dans cette lutte à 14, James Moore juge que l'homme d'affaires Kevin O'Leary n'a tout simplement pas ce qu'il faut pour prendre la tête du Parti conservateur.

« M. O'Leary dit que ce n'est pas important de parler français parce qu'il parle la langue de l'économie, la langue des jobs. Ce qu'il dit aux francophones du pays, c'est que ce n'est pas grand-chose, que ce n'est pas important d'avoir la capacité de parler français. C'est inacceptable de la part de quelqu'un qui veut devenir premier ministre du Canada », insiste l'ancien ministre du Patrimoine et des Langues officielles.

L'élection d'un chef unilingue anglophone enverrait aussi un bien mauvais message à la francophonie dans le reste du monde, soutient James Moore, lui qui estime que le Canada doit servir de modèle.

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