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« Je m’attends à mieux de moi-même » - Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau est revenu dans la Chambre des communes sur l'incident survenu mercredi, au cours duquel il a involontairement bousculé la députée néo-démocrate de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau.

« Je tiens à présenter des excuses à la députée de Berthier-Maskinongé. Dans mon empressement, je n'ai pas fait attention aux gens autour de moi et j'ai accidentellement bousculé la députée de Berthier-Maskinongé, et c'est quelque chose que je regrette profondément », a dit le premier ministre.

« Je m'excuse sincèrement pour les gestes que j'ai posés hier », a-t-il continué, avant d'ajouter qu'il se devait d'avoir, comme premier ministre, un comportement exemplaire.

« Je m'attends à mieux de moi-même », a-t-il conclu.

L'intervention de M. Trudeau est survenue alors que les élus débattaient d'une question de privilège soulevée par les conservateurs intitulée « Brutalité physique envers la députée de Berthier-Maskinongé ».

« Ce qui est arrivé hier soir était inquiétant pour chacun des membres de cette assemblée », a déclaré la chef de l'opposition et chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, devant la Chambre des communes. Cette dernière a précisé l'importance du respect qui doit prévaloir entre les députés afin de permettre à tous d'exercer ses fonctions.

« Le comportement du premier ministre hier soir en chambre était une violation de ce respect », a déclaré Mme Ambrose sous les applaudissements de ses collègues.

« N'oublions jamais que c'est un privilège conféré par la population canadienne que de siéger en cette Chambre », a-t-elle poursuivi.

Mme Ambrose a déploré le fait que la députée de Brosseau a dû quitter la Chambre, à la suite de la bousculade, ce qui l'a privée de la possibilité d'exercer son droit de vote et d'ainsi faire entendre la voix de ses commettants.

Trudeau accusé de vouloir museler l'opposition

La chef de l'opposition a accusé le gouvernement de faire preuve d'arrogance en tentant de limiter les débats sur le projet de loi sur l'aide médicale à mourir, ce qui a contribué à faire monter la tension à la Chambre des communes.

« En théorie, nous devions voter sur la durée du droit de parole accordée à chacun des parlementaires de s'exprimer sur le projet de loi du gouvernement sur le suicide assisté, a-t-elle ajouté. C'est un cas de conscience pour des millions de Canadiens, mais le gouvernement a décidé, une fois de plus, de museler l'opposition. »

La chef de l'opposition a reproché au premier ministre d'avoir eu recours à l'intimidation, hier soir, tout comme le faisait son gouvernement dans le dossier de l'aide médicale à mourir. Elle a d'ailleurs demandé à M. Trudeau de retirer la motion de son gouvernement limitant le droit de parole des élus dans le cadre des débats sur ce projet de loi.

Le premier ministre ne s'est toutefois pas commis à cet égard, la Cour suprême ayant fixé au 6 juin prochain la date butoir pour l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi encadrant l'aide médicale à mourir.

Les députés ont débattu de la motion sur la question de privilège pendant plusieurs heures. Les élus de l'opposition ont évoqué la violence en milieu de travail et la violence faite aux femmes pour incriminer le premier ministre, qui s'est excusé à de nombreuses reprises, sans convaincre l'opposition.

Des députés choqués

Les députés croisés plus tôt dans le foyer des Communes ont tous regretté l'événement peu glorieux qui s'est produit mercredi soir. 

L'opposition, surtout néo-démocrate, a établi un lien entre la violence faite envers les femmes et l'incident au cours duquel Mme Brosseau a été bousculée.

L'incident s'est produit dans un contexte très tendu, alors que les élus s'apprêtaient à voter sur une motion du gouvernement pour imposer une limite de temps sur le débat concernant le projet de loi sur l'aide médicale à mourir.

Lorsqu'il a constaté que le whip conservateur, Gord Brown, était coincé derrière un groupe de députés dans le coin de la pièce où se trouvent les banquettes du Nouveau Parti démocratique (NPD), le premier ministre Trudeau a traversé la Chambre d'un pas énergique.

Selon la députée néo-démocrate Tracey Ramsey, il aurait alors enjoint les élus, en recourant à un langage ordurier, à libérer le passage.

Sa collègue Ruth Ellen Brosseau était dans le passage, et sur la vidéo captée en Chambre, on constate qu'elle a été bousculée.

Cela a provoqué la furie du chef néo-démocrate Thomas Mulcair, qui s'est retrouvé nez à nez avec M. Trudeau. Des députés se sont interposés entre les deux hommes, vraisemblablement pour éviter un affrontement physique.

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