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Jean-François Lisée nouveau chef du Parti québécois

Il aura fallu deux tours pour déterminer le gagnant, et c'est Jean-François Lisée qui a été élu nouveau chef du Parti québécois avec 50,63 % des voix. Après cinq mois d'une course à la direction qui aura été plutôt mouvementée, il devient le neuvième chef dans l'histoire du parti souverainiste fondé en 1968.

M. Lisée était suivi d'Alexandre Cloutier, qui a recueilli 31,7 % des votes. Martine Ouellet a obtenu quant à elle 17,6 % des suffrages au deuxième tour. Paul St-Pierre Plamondon a pour sa part été éliminé au premier tour.

Le taux de participation, à la fermeture du vote, était de 75,09 %. C'est plus qu'en 2015 (73 %), mais moins qu'en 2005 (77 %).

Se présentant comme le « chef du rassemblement », l'homme de 58 ans a assuré dans son long discours de victoire (plus de 30 minutes) que « le Parti québécois, le plus grand parti au Québec, sort revigoré de cette campagne ».

M. Lisée a eu de bons mots pour chacun de ses adversaires, réitérant à M. Cloutier son offre de le désigner comme ministre de l'Éducation dans un futur gouvernement péquiste.

Il a aussi salué la détermination et la fougue de Martine Ouellet, qui « ne cessent de nous émerveiller ».

Quant à Paul St-Pierre Plamondon, le nouveau chef a dit de lui qu'il est la « révélation de l'année en politique québécoise ».

Des flèches contre le gouvernement Couillard

Jean-François Lisée a réservé une bonne part de son allocution au gouvernement de Philippe Couillard. Il a tendu la main aux électeurs libéraux, en leur lançant qu'il n'y a « pas de honte à avoir honte d'un gouvernement honteux ».

Le nouveau chef péquiste a sollicité les anglophones du Québec pour mettre fin au règne des libéraux. « Comme chef, je vais m'assurer que nous ayons un dialogue fructueux à propos de qui nous sommes et de ce que nous pouvons construire ensemble », a-t-il dit en anglais.

M. Lisée a été le conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Député de la circonscription de Rosemont depuis 2012, il était ministre des Relations internationales dans le précédent gouvernement péquiste.

Il a lancé sa campagne, cet été, en promettant de former « un ostie de bon gouvernement » après l'élection de 2018, et en reportant toute possibilité de référendum au mandat de 2022.

Les premiers sondages plaçaient M. Cloutier en avance, mais M. Lisée a réussi à effectuer une importante remontée. À la mi-septembre, deux enquêtes d'opinion le montraient au coude-à-coude avec M. Cloutier, qui a reconnu que l'écart s'était resserré.

M. Lisée a réussi à marquer des points contre son adversaire avec un style désinvolte qui ne l'a pas empêché d'asséner de solides coups stratégiques à son rival.

Réactions des autres candidats

Les trois candidats que M. Lisée a coiffés au fil d'arrivée ont rencontré les journalistes, tard vendredi soir.

« Vous comprendrez que je vais prendre les prochains jours pour prendre un peu de recul », a dit Alexandre Cloutier.

« C'est certain que je suis déçue », a reconnu de son côté Martine Ouellet, qui aurait préféré pouvoir travailler dès maintenant à faire du Québec un pays. Mais elle s'est ralliée à Jean-François Lisée. « On va travailler ensemble pour faire avancer l'indépendance du Québec. »

Paul St-Pierre Plamondon s'est dit fier du résultat qu'il a obtenu, comme de la formation politique qu'il a faite sienne : « J'ai trouvé le discours de Jean-François très rassembleur, très pertinent, très étoffé. [...] Ça me donne le goût de continuer. Je le fais avec enthousiasme. »

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