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Jean-François Lisée souhaite renforcer le rôle de l'État

Réunis ce week-end en conseil national à Saint-Hyacinthe, les militants du Parti québécois (PQ) ont discuté d'avenir, au moment où un nouveau sondage démontre que la formation politique demeure bien installée au troisième rang dans les intentions de vote des Québécois.

À huit mois des élections générales, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a profité de sa tribune pour présenter sa vision de l’État dans l’espoir de renverser la tendance et de reprendre du galon dans l’opinion publique. Il souhaite renforcer le rôle de l’État en investissant dans les services publics au lieu de réduire le fardeau fiscal des citoyens.

« On veut un État fort au service des gens, un État fort pour réussir l’indépendance », a déclaré le chef péquiste.

Le PQ veut miser sur les services publics pour se présenter comme la seule option progressiste par rapport au gouvernement libéral. Le message de M. Lisée est qu’avec les libéraux et les caquistes, ce sera l’austérité après une année de dépenses et de baisses d’impôts.

Le PQ mise sur les thèmes de la famille et de l’éducation pour regagner la faveur des électeurs.

Aujourd’hui, il y a eu une table ronde sur l’intervention précoce auprès des enfants et sur la réussite éducative. Plus tôt cette semaine, le PQ proposait un retour au tarif unique dans les services de garde subventionnés.

La formation politique a aussi dévoilé de nouvelles publicités où le mot État est omniprésent.

Sondage

Confrontés à un nouveau sondage qui montre une stagnation de la formation souverainiste dans les intentions de vote en prévision des prochaines élections provinciales, les militants péquistes entendent faire mentir les statistiques.

« Une marche à la fois, regardez-nous aller », a déclaré samedi le chef péquiste Jean-François Lisée, après avoir pris connaissance du sondage Léger-Le Devoir, qui suggère que la Coalition avenir Québec (CAQ) est largement en avance.

Selon cette enquête réalisée cette semaine, la CAQ de François Legault domine avec 39 % des intentions de vote, le Parti libéral est deuxième à 28 %, tandis que le PQ suit à 20 % et que Québec solidaire ferme la marche à 9 %.

Contre la CAQ

En cœur, les députés péquistes ont tourné en ridicule les propositions de la CAQ.

« Les Québécois vont s’apercevoir que ce rêve caquiste n’est qu’une illusion et qu’il n’y a rien en dessous, aucune substance », a commenté le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien.

Il poursuit : « On les voit aller en chambre et, vraiment, on ne comprend pas. C’est toujours confus. »

Le député de Terrebonne, Mathieu Traversy, a déclaré en point de presse : « La CAQ est la plus grosse montgolfière politique que j'ai jamais vue, il nous reste exactement huit mois pour dégonfler ce ballon. »

Son collègue de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a contesté l'idée que la CAQ représente le changement, ce que pensent 34 % des répondants au sondage. « François Legault, ça fait 20 ans qu'il fait de la politique, je pense que le camp du changement est certainement pas là », a-t-il dit.

« En ce qui nous concerne, on va travailler avec beaucoup d’humilité et beaucoup de conviction jusqu’à l’élection et on va gagner point par point jusqu’à la fin », a soutenu Pascal Bérubé, leader parlementaire du Parti québécois.

Des services plutôt qu'une baisse d'impôt

Néanmoins, le chef du Parti québécois voit une occasion de se réjouir, puisque les deux tiers des répondants souhaitent un réinvestissement en santé ou en éducation, pour les familles et les aînés, comme le veut son parti.

« On est au diapason des deux tiers des Québécois » qui sont donc d'accord avec les valeurs et les priorités du PQ, a affirmé M. Lisée, une analyse corroborée par Jean-Marc Léger, fondateur de la firme qui a produit le sondage.

Avec ce nouveau coup de sonde, le PQ est bon troisième et fait une première remontée dans les intentions de vote en près d’un an.

Le sondage de la firme Léger a été réalisé sur le web pour le compte du Devoir du 22 au 24 janvier auprès de 983 électeurs potentiels, avec une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 %.

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