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Jean-Martin Aussant écarte un retour en politique

Jean-Martin Aussant, ex-député péquiste et chef d'Option nationale, désire s'impliquer à long terme dans la société civile et exclut un retour en politique active « pour de nombreuses années ».

Une entrevue de René Saint-Louis

Jean-Martin Aussant a rencontré les médias jeudi lors de sa nomination comme nouveau directeur général du Chantier sur l'économie sociale du Québec.

Il a quitté son emploi dans le milieu financier de Londres pour accepter ce poste parce qu'il dit constater un effritement de la solidarité au Québec, une tendance, qui, selon lui, s'est accélérée sous le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

De son côté, le premier ministre du Québec a salué l'engagement de Jean-Martin Aussant dans l'économie sociale qui, a-t-il dit, est une particularité du Québec avec le mouvement coopératif en raison des milliers d'emplois qu'ils génèrent.

Questions-réponses avec Jean-Martin Aussant

Après les funérailles de Jacques Parizeau où vous aviez laissé entrevoir votre retour au Québec, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a affirmé que vous seriez un atout pour la formation souverainiste. Que répondez-vous à cet appel ?

C'est gentil d'avoir pensé à moi. J'ai reçu des appels de quelques formations pour être honnête et moi choix était clair, j'ai choisi la société civile. Il y a trois grands piliers: il y a le choix d'aller au privé, il y a le choix d'aller en politique et il y a le choix d'aller dans la société civile et de développer les collectivités avec les collectivités et c'est le choix que j'ai fait. Et c'est d'ailleurs un choix que j'espère être pour le long terme. J'ai de jeunes enfants et ça ne cadre pas du tout avec la politique active. Je l'ai déjà dit et c'était très sincère. Il y a eu des rumeurs dans les médias comme quoi 2018 était un horizon, qui comme par hasard, correspond à la prochaine élection provinciale, mais ce n'est pas du tout dans les cartes, absolument pas.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a dit récemment qu'il ne laisserait pas un pouce aux souverainistes et on a vu dans les jours qui ont suivi deux anciens députés péquistes se faire éjecter de leur fonction (Nicolas Girard à l'AMT et Sylvain Simard à la SAQ). En tant que nouveau président du Chantier, craignez-vous que votre marge de manœuvre soit limitée ?

J'espère que mes points de vue personnels politiques de ma précédente carrière ne vont pas du tout influencer qui que ce soit dans ses relations avec le Chantier parce que moi je suis ici pour contribuer au développement économique, social et culturel du Québec. Et ça n'a rien à voir avec la politique partisane. Ça touche toutes les collectivités, toutes les communautés au Québec, quelle que soit la couleur des électeurs de chaque région. C'est dans cet état d'esprit là que je me joins au Chantier.

Nous sommes en campagne électorale. Qu'est-ce que les partis fédéraux peuvent faire pour aider votre cause ?

On va contacter tous les partis politiques fédéraux pour leur faire part de notre plan stratégique et on va voir leurs réponses et leur positionnement là-dessus. Les campagnes électorales ne sont pas toujours basées sur les dossiers qui touchent le plus la population directement, mais souvent la partisanerie prend le dessus. Il y en a encore un peu cette fois-ci, mais on va faire en sorte que tous les partis reçoivent nos priorités et celles de nos partenaires et qu'ils puissent répondre sur ce qu'ils veulent faire là-dessus.

Est-ce que le Chantier sur l'économie sociale pourrait apporter son soutien à un parti ?

Absolument pas. Le Chantier de l'économie sociale est une organisation qui touche toute la population. Ce n'est pas une organisation partisane, loin de là. Je pense qu'il y a un côté politique au chantier, mais dans le sens de politiques publiques. D'ailleurs, en anglais, il y a deux mots pour ça. Il y a policy et politic. Je pense que c'est une bonne idée d'avoir deux mots. Sur le plan des politiques publiques, on veut être très actif. D'ailleurs, le Chantier intervient souvent en commission parlementaire pour faire avancer ses idées et ses points de vue, mais ce n'est pas une organisation partisane.

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