Retour

Jour d'élections partielles : que faut-il surveiller?

Les électeurs des circonscriptions de Saint-Jérôme, de Marie-Victorin, d'Arthabaska et de Verdun sont appelés aux urnes ce lundi pour élire ceux et celles qui succéderont à Pierre Karl Péladeau, à Bernard Drainville, à Sylvie Roy et à Jacques Daoust.

Comme c'est chaque fois le cas, la tenue de ces élections partielles sera l'occasion de mesurer la force relative des partis et de voir si les sondages des dernières semaines sont conformes ou non à la réalité du terrain. Chaque circonscription ayant ses particularités, un certain nombre d'indicateurs seront à surveiller dans chacune d'entre elles. Voici un aperçu des luttes à prévoir.

Arthabaska

C’est ici que la compétition semble la plus serrée, comme en fait foi le taux de participation lors du vote par anticipation – 9,89 %, le plus élevé des quatre circonscriptions. Créée en 2012, la circonscription a élu à deux reprises Sylvie Roy avec de fortes majorités.

Le Parti libéral (PLQ) estime toutefois possible de rééditer l’exploit qu’il avait accompli dans Chauveau l’an dernier, alors qu’il avait réussi à renverser d’un seul coup une majorité de près de 10 000 voix.

La Coalition avenir Québec (CAQ) craint de son côté qu’un faible taux de participation ne la désavantage, alors que le Parti conservateur du Québec, qui avait recueilli près de 5 % des voix lors de la partielle dans Chauveau, semble s’être fortement mobilisé pour cette élection.

Une victoire de la CAQ serait d’un grand réconfort pour la formation politique qui peine à mobiliser ses électeurs lors d’élections partielles, et ce, en dépit de bons résultats dans les sondages.

À l’inverse, un gain du Parti libéral viendrait conforter le gouvernement dans ses positions, et pourrait ensuite être utilisé par ce dernier comme preuve que les Québécois approuvent les décisions qu’il a prises depuis son élection.

Saint-Jérôme

C’est l’autre circonscription où l’on s’attend à ce que la lutte soit plus serrée. Le taux de participation lors du vote par anticipation y a aussi été relativement élevé, à 9,64 %, signe que plus d’une machine politique s’active à faire sortir son vote.

En 2012, la CAQ avait réussi à prendre la circonscription en y faisant élire Jacques Duchesneau; Pierre Karl Péladeau l’avait reprise en 2014, mais le Parti québécois (PQ) ne peut ici rien tenir pour acquis.

Compte tenu de la carte électorale, c’est dans des circonscriptions comme celles-ci que le duel auquel se livrent déjà le PQ et la CAQ pour incarner la solution de rechange au PLQ trouvera sa résolution en 2018.

L’élection d’un nouveau chef n’ayant pas vraiment fait bouger l’aiguille des sondages, une victoire du Parti québécois lui permettrait peut-être de se convaincre lui-même qu’il est sur la bonne voie.

Verdun

La circonscription de Verdun est un château fort libéral depuis sa création en 1966, mais Jean-François Lisée soutient qu’une alliance entre le Parti québécois et Québec solidaire (QS) permettrait d’en déloger les libéraux.

De fait, dans la circonscription voisine de Saint-Henri–Sainte-Anne, où une élection partielle a aussi eu lieu l’an dernier, le cumul des voix recueillies par le PQ et QS aurait pu permettre à un candidat commun de se faufiler devant les libéraux.

En l’absence d’une telle alliance toutefois, on voit mal comment la circonscription pourrait échapper au Parti libéral. Une victoire serrée des libéraux ne serait toutefois pas très réconfortante à moins de deux ans des prochaines élections.

Marie-Victorin

Alors même que le Parti québécois subissait sa pire défaite depuis 1970, Bernard Drainville parvenait à conserver Marie-Victorin avec plus de 3000 voix de majorité. Laisser filer cette circonscription serait catastrophique pour le Parti québécois.

Le faible taux de participation lors du vote par anticipation dans cette circonscription – qui n’a même pas atteint la barre des 6 % – illustre d’ailleurs le peu d’intérêt porté à cette élection.

De façon générale, ces partielles seront l’occasion de mesurer, à moins de deux ans des prochaines élections générales, l’appui dont dispose chacune des formations politiques auprès de l’électorat francophone, celui qui fait et défait les gouvernements au Québec. Et dans le cas présent, trois des quatre circonscriptions sont francophones à plus de 85 %.

Un taux de participation trop faible pourrait toutefois donner une impression tronquée de la tendance réelle, les résultats étant alors davantage le reflet de la puissance des machines électorales en présence, plutôt que celui des tendances plus profondes au sein de l’électorat.

Plus d'articles

Commentaires