Retour

Justin Trudeau au G20 : des « voies ensoleillées » à la cruelle réalité

Un premier voyage à l'étranger, pour camper sa crédibilité, son nouveau style.

Un texte d'Emmanuelle Latraverse

Justin Trudeau devait profiter du sommet du G20 en Turquie pour promouvoir son vaste plan d'infrastructures comme moteur de croissance économique, vanter la générosité du Canada face à la crise des réfugiés syriens et espérer jouer les médiateurs dans le dossier des changements climatiques.

En quelques jours à la table des grands, le nouveau premier ministre du Canada voulait sinon faire la preuve, du moins donner le signal de sa nouvelle approche, jeter les bases de sa reconquête de la crédibilité et de l'influence du Canada sur la scène internationale.

L'objectif semblait aussi simple qu'ambitieux : laisser ses « voies ensoleillées » charmer ses homologues, une mise de fond pour l'investissement à long terme de sa politique étrangère.

Puis Paris a été secouée par les bombes, assourdie par l'écho des tirs meurtriers, ébranlée par l'horreur, meurtrie par la peine. Encore une fois le terrorisme a frappé. Les condoléances se sont multipliées, les promesses de solidarité, de justice aussi. Et pour la toute première fois depuis qu'il dirige le pays, Justin Trudeau a été publiquement confronté au poids de ses responsabilités.

C'est un premier ministre profondément secoué qui s'est présenté devant la presse à l'aéroport d'Ottawa. L'enthousiasme de son premier voyage a fait place à la tristesse, la fougue a dû céder le pas au deuil et à la dignité. « Nous sommes troublés et attristés des attaques terroristes en France » a-t-il dit.

Aide du gouvernement canadien, sympathies, condoléances, Justin Trudeau a solennellement déclaré tout ce qu'il fallait. Il n'a pas manqué non plus de tenter de rassurer les Canadiens.

Mais au-delà des formules d'usage, les questions se sont multipliées.

Lui qui a promis de retirer le Canada de la campagne de bombardement contre le groupe armé État islamique, est-ce que ces attaques l'amènent à vouloir réévaluer ses plans?

À la lumière de ces attentats, lui semble-t-il toujours justifié de vouloir assouplir certaines dispositions de la Loi antiterroriste? « Il est trop tôt pour tirer des conclusions... Tout gouvernement a une responsabilité profonde d'équilibrer la sécurité des citoyens et leurs libertés », a-t-il répondu.

Quelques heures à peine après que les premiers tirs eurent secoué Paris, alors que les opérations policières et militaires étaient toujours en cours en France, certes il était peut-être un peu tôt pour espérer des réponses plus précises. Mais les questions persisteront. Les réponses claires devront être offertes aux Canadiens.

Le 13 novembre 2015, les voies ensoleillées de Justin Trudeau ont été confrontées à la cruelle réalité du terrorisme.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine