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Justin Trudeau confirme une participation du fédéral de 1,28 G$ dans le REM

Le premier ministre Justin Trudeau annonce une participation de 1,28 milliard de dollars de son gouvernement dans le projet de train électrique REM qui desservira la région de Montréal. Un projet qui constituera le plus grand chantier de transport en commun au pays.

Ottawa versera donc la somme que lui demandait Québec à titre de participation du fédéral dans le projet de REM, dont la facture totale est estimée à 6,04 milliards de dollars.

Cette contribution s’ajoute à un investissement de 770 millions de dollars sur trois ans annoncé l’an dernier dans le budget pour l’amélioration et la réfection des infrastructures de transport collectif de la région de Montréal, a rappelé le premier ministre, qui réitère ainsi son engagement dans le développement des transports collectifs et la poursuite des efforts pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

« De la même façon, souligne Justin Trudeau, les parents qui habitent l’ouest de l’île, les étudiants de la Rive-Nord ou les passagers qui débarquent à l’aéroport profiteront également de trajets beaucoup plus courts. »

Selon Justin Trudeau, les fonds engagés par son gouvernement proviendront de l'enveloppe de la phase 2 de son projet d’investissement en matière d’infrastructures. On parle d’une somme de 20 milliards de dollars sur 11 ans qui seront investis partout au pays lors de cette deuxième phase.

La future Banque de l'infrastructure pourrait financer le projet

Le gouvernement fédéral garde également la porte ouverte pour que la future Banque de l’infrastructure du Canada puisse prendre sa place dans cet investissement.

Si l'institution acceptait de financer le projet, explique Justin Trudeau, le montant de 1,3 milliard de dollars annoncé pourrait alors être réinvesti dans un autre projet au Québec.

Le projet de REM comprend 27 stations couvrant 67 kilomètres. Celles-ci relieront la Rive-Sud à la Rive-Nord jusqu'à Deux-Montagnes, en passant par Laval, de même que par l'aéroport Montréal-Trudeau et par l'Ouest-de-l'Île, jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Un projet qui propulse tout le Québec en avant, soutient Couillard

Visiblement très satisfait de cet appui très attendu de la part d'Ottawa, Philippe Couillard, a déclaré que, pour le Québec, le REM est une occasion unique de consolider l'électricité comme facteur de développement ainsi qu'une initiative majeure dans la lutte contre les changements climatiques. Il l'a aussi décrit comme une source d'innovation par son mode de financement, qui implique la participation majeure du fonds de pension des Québécois.

Il s'agit, selon Philippe Couillard, du quatrième projet en importance du genre actuellement en chantier dans le monde.

Lisée regrette l'absence d'exigence de contenu local

Bien qu’elle accueille favorablement la participation du fédéral dans ce mégaprojet de transport en commun, l’opposition québécoise dénonce vivement l’absence d’une clause garantissant un minimum de contenu québécois et canadien dans ce projet majeur d’infrastructures.

« Les premiers ministres vont confirmer qu’un investissement public de 6 milliards de dollars va être fait sans aucune obligation de contenu québécois », s’est exclamé le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, rappelant qu’aux États-Unis, on exige 60 % de contenu local pour ce genre de contrat.

« J’ai eu une rencontre avec Michael Sabia en présence de Nicolas Marceau, et j’ai demandé à M. Sabia : "Pourquoi ne demandez-vous pas un contenu québécois? Bien, parce qu’il n’y a pas de volonté politique". Il n’y a aucun signal du gouvernement Couillard et, d’après ce qu’on voit, aucun signal du gouvernement Trudeau de protéger nos propres emplois », a déploré le chef péquiste.

« Récemment, des Chinois ont obtenu un contrat de transport en commun pour la région métropolitaine. […] Ce n’est pas de la politique économique qui nous met au diapason de ce que font les autres. C’est comme si on était les plus idiots de la classe. Les Américains le font, les Européens le font, les Chinois le font, mais nous, il ne faudrait pas le faire! » s’est exclamé le chef du PQ.

« À Montréal, c’est 0 % de contenu local qui est exigé! » déplore Legault

Les préoccupations sont les mêmes du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le chef, François Legault, dit trouver « incroyable que l’on refuse de se servir de ces investissements pour créer de la richesse ».

« Je vous rappelle qu’aux États-Unis, avec le Buy American Act - qui date de 1982 -, les Américains exigent 60 % de contenu local dans les projets de transport collectif. L’Ontario, tout dernièrement, a exigé un contenu de 25 % dans son projet de O Train, à Ottawa et nous, pour le REM, à Montréal, c’est 0 % de contenu local qui est exigé », a dénoncé M. Legault.

Un très mauvais projet, dit Khadir

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a été plus incisif, parlant d'un partenariat public-privé soumis à des critères de rentabilité, qui se traduira, selon lui, par des coûts trop élevés refilés soit aux usagers par une tarification excessive, soit à l'ensemble des contribuables.

L’aveu de Laurent Lesssard

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a avoué qu’il aurait aimé lui aussi que l’obligation d’avoir du contenu local soit retenue.

« On aurait souhaité que la Caisse exige, selon les règles internationales, des contenus [locaux]. Ils ne l'ont pas fait », a répondu M. Lessard lors de la période des questions à l’Assemblée nationale.

Il a ajouté que « « si on avait exigé de ce contenu-là, en fait, ça aurait contaminé ce que la Caisse est en train de faire et on nous aurait taxés d'enlever l'indépendance [de la Caisse] ».

Le ministre des Transports a reproché à l'opposition de ne pas avoir proposé des amendements dans le projet de loi sur cet enjeu, et ce, de sorte à qu'un seuil de contenu minimal soit imposé.

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