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Justin Trudeau cuisiné sur les paradis fiscaux par l'opposition

Le premier ministre Justin Trudeau a esquivé la majorité des questions de l'opposition concernant les liens entre le chef du financement du Parti libéral du Canada, Stephen Bronfman, et les paradis fiscaux.

Un texte de Daniel Blanchette-Pelletier

Talonné autant par les conservateurs que par les néo-démocrates, lundi après-midi, lors de la période de questions, Justin Trudeau a plutôt mis l’accent sur les actions entreprises par son gouvernement pour combattre l’évitement fiscal.

« On travaille tous les jours pour s’assurer que tout le monde paie ses impôts », a-t-il déclaré.

Stephen Bronfman, un bon ami de Justin Trudeau, et l’ex-sénateur libéral Leo Kolber ont joué un rôle clé dans une fiducie de plus de 60 millions de dollars américains aux îles Caïman. Ces révélations, exposées au monde entier dimanche, sont au coeur des Paradise Papers, une fuite de documents obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et transmis au Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ) et à ses partenaires, dont fait partie Radio-Canada.

Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Andrew Scheer, a demandé à Justin Trudeau depuis quand il était au courant des liens de son « ami » avec cette fiducie. Il a également cherché à savoir pourquoi Stephen Bronfman avait accompagné Justin Trudeau à la Maison-Blanche lors d’un récent voyage à Washington dans le cadre des négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Justin Trudeau n’a pas répondu à ces questions. Il a cependant rappelé que son gouvernement avait consacré, lors de ses deux premiers budgets, près d’un milliard de dollars à la lutte contre les paradis fiscaux.

Andrew Scheer s’en est également pris à la réforme fiscale proposée par les libéraux.

« Le gouvernement ne prend pas au sérieux la question des paradis fiscaux », a renchéri pour sa part le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique, Guy Caron. « On s’en prend aux contribuables et pas aux gros poissons », a-t-il ajouté. Les néo-démocrates ont laissé entendre que Justin Trudeau voulait « protéger ses amis ».

Justin Trudeau n’a pas voulu commenter directement les révélations à propos de Stephen Bronfman et de Leo Kolber, laissant le soin à ces derniers de « faire leurs propres observations ».

Par voie de communiqué, Stephen Bronfman a plus tôt affirmé qu'il n'avait jamais « financé ou utilisé des fiducies dans des paradis fiscaux ».

Déjà des résultats, dit la ministre Lebouthillier

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, est venue à la rescousse du premier ministre en répondant à toutes les autres questions de l’opposition au sujet des paradis fiscaux.

Tout comme Justin Trudeau, elle a défendu les mesures prises par le gouvernement et l’Agence du revenu du Canada (ARC) depuis les Panama Papers.

La ministre a en outre martelé son engagement à combattre l’évitement et l’évasion fiscaux, en insistant sur les résultats déjà obtenus. Les mesures prises jusqu'à maintenant ont porté leurs fruits, selon elle, et ont ainsi permis au gouvernement de récupérer 25 milliards de dollars en revenus non déclarés.

Le fisc canadien à l'affût

L'Agence du revenu du Canada avait par ailleurs mentionné dimanche qu'elle allait étudier les liens entre les entités canadiennes et les Paradise Papers.

Sachant que de nouvelles informations étaient sur le point d'émerger, l'ARC avait publié un premier communiqué, vendredi, sur les progrès effectués depuis les Panama Papers pour « lutter contre l’évasion fiscale et l’évitement fiscal ». « L'ARC n'hésitera pas à investiguer et à prendre les mesures appropriées dans l'éventualité que d'autres détails soient découverts », a-t-elle dit.

Une équipe de travail à temps plein a notamment été mise sur pied pour s’attaquer au problème. Depuis, des pénalités totalisant 44 millions de dollars ont été imposées à des conseillers fiscaux.

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