Retour

Justin Trudeau devrait éviter de stéréotyper les Premières Nations, croit un chef autochtone

Dans une salle bondée au Théâtre Dubé à Saskatoon mercredi soir, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a répondu à des questions des citoyens sur la relation du gouvernement fédéral avec les Premières Nations, affirmant que certains chefs autochtones doivent être plus à l'écoute des jeunes de leur communauté.

Le premier ministre a admis qu’il faudra des années avant de renverser les mauvais traitements commis pendant des décennies aux populations autochtones.

Le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Felix Thomas, a fait état d’une déconnexion entre les paroles de Justin Trudeau et les actions de son gouvernement en ce qui a trait à la réconciliation. Il a également affirmé que les communautés n’ont pas encore vu la couleur de l’argent promis.

Une réponse qui laisse perplexe

Le premier ministre a répondu qu’il y a encore du chemin à faire, mais que le financement ne réglera pas tout.

« J’ai parlé avec plusieurs chefs qui me disent “Vous savez, nous avons besoin d’un centre jeunesse, avec des télévisions, des salons et des divans pour qu’ils puissent fréquenter l’endroit.” Lorsqu’un chef me dit ça, je sais qu’il n’a pas consulté les jeunes », a répondu Justin Trudeau à la question du chef Thomas. « Parce que la plupart des jeunes à qui j’ai parlé veulent un endroit où ils peuvent ranger leurs canots et pagaies pour rétablir un lien avec leur terre et un endroit avec l’accès à Internet pour faire leurs devoirs. »

Lors d’une entrevue après l’événement, le chef Thomas a affirmé que le premier ministre devrait éviter de stéréotyper les Premières Nations. Il a ajouté que le Conseil tribal de Saskatoon travaille fort pour être à l’écoute de sa communauté et s’assure d’avoir un plan solide pour les demandes de nouvelles infrastructures.

Le chef Felix Thomas a aussi souligné que le premier ministre a tenu une rencontre avec le conseil municipal de Saskatoon, mais pas avec les élus du Conseil tribal.

De son côté, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) Bobby Cameron a qualifié d’« admirable » la volonté du premier ministre de rencontrer les électeurs chez eux. « Les choses sont lentes, nous comprenons cela et nous sommes frustrés, c’est vrai. Le gouvernement a beaucoup de choses à rattraper et ce n’est pas sa faute [M.Trudeau], c’est la faute du gouvernement précédent », a-t-il déclaré après la conférence.

L'inquiétude de la taxe carbone

La taxe fédérale sur le carbone, à laquelle s’oppose vigoureusement le premier ministre de la Saskatchewan, a également fait l’objet de questions lors de la soirée.

Justin Trudeau a tenu à rassurer les Saskatchewanais sur les conséquences économiques d’une telle taxe. Il a admis que la transition vers une économie moins dépendante du carbone sera difficile, mais il a répété que chaque sou amassé en Saskatchewan restera en Saskatchewan.

Le premier ministre a aussi tenté de rassurer les participants sur la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain avec la nouvelle administration de Donald Trump.

Il a promis de défendre les emplois et les principes canadiens.

Justin Trudeau sera à Regina jeudi, où il rendra notamment visite aux cadets de la Gendarmerie royale du Canada et aux étudiants de l’Université de Regina.

Ces visites du premier ministre s’inscrivent dans le cadre d’une tournée canadienne de trois semaines qui a commencé en Ontario au début du mois de janvier.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine