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Justin Trudeau poursuit sa tournée des « villes de l’acier »

Le premier ministre Justin Trudeau poursuit sa tournée des communautés productrices d'acier et d'aluminium au pays. Après Alma, au Québec, lundi, Hamilton, dans le Sud de l'Ontario, mardi, il visite mercredi Sault-Ste-Marie, dans le Nord de l'Ontario, avant de se rendre en après-midi à Régina, en Saskatchewan.

Un texte de Philippe de Montigny

Très tôt mercredi matin à Sault-Ste-Marie, il a rencontré les travailleurs du fabricant Algoma à leur arrivée au travail.

À Hamilton, mardi, le premier ministre s'est voulu rassurant : il dit travailler fort pour que le Canada reste exempté des tarifs sur l'acier et l'aluminium imposés par le président américain Donald Trump.

Justin Trudeau a rencontré des dirigeants de l’industrie de l’acier ainsi que des travailleurs des deux grandes usines de la ville, Stelco Hamilton Works et ArcelorMittal Dofasco.

Les droits douaniers de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium les inquiètent, même si le Canada et le Mexique en sont exemptés pour l’instant.

Donald Trump a pour sa part fait savoir que ces exemptions dépendent de la « réussite » de l’ALENA.

La Chambre de commerce de Hamilton estime d’ailleurs qu’environ 40 000 emplois pourraient être touchés directement ou indirectement dans la municipalité si des droits douaniers étaient imposés.

« Sans nos compagnies d’acier, il n’y aura plus de charpente en acier, ce qui touche la construction. En bout de ligne, ça affecte tout le monde », souligne Alec Hicks, plâtrier-plaquiste à Hamilton.

Le président de l'Association canadienne des producteurs d'acier, Joseph Galimberti, exhorte Ottawa à embaucher plus d'inspecteurs douaniers pour empêcher que le Canada ne devienne une destination pour les importations d'acier de faible qualité de pays comme la Chine.

De son côté, le président et directeur général de Dofasco, Sean Donnelly, considère que le gouvernement libéral a été efficace dans ce dossier, puisque le pays préserve une exemption.

« L'accès à ce gouvernement et leur compréhension des problématiques et de nos inquiétudes est vraiment exemplaire », assure-t-il.

M. Donnelly ajoute que ce soutien du gouvernement lui permet de rester positif quant à la suite des événements. Il pense par ailleurs que la visibilité du dossier au cours des dernières semaines a pu montrer aux Ontariens l'importance de ce commerce pour la province.

Certains pays assujettis aux nouveaux droits douaniers des États-Unis pourraient tenter d’acheminer leur acier au Canada pour qu’il soit ensuite vendu sur le marché américain, en se soustrayant aux droits imposés de 25 %.

Patrick Leblond, professeur d'affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, considère de son côté que le gouvernement fédéral doit se préparer à toute éventualité.

« Si jamais M. Trump décidait d’imposer des tarifs, le Canada va être prêt à répondre soit en imposant des tarifs sur d'autres produits pour essayer de mettre de la pression sur l'administration, probablement via le Congrès, notamment dans le contexte des élections de mi-mandat qui s'en viennent à l'automne », indique-t-il.

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