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Justin Trudeau réitère son appui au projet Trans Mountain

Le premier ministre Justin Trudeau maintient que le pipeline Trans Mountain sera construit parce que c'est une question « de compétence fédérale » et « d'intérêt national ».

Dans une entrevue exclusive accordée à l’émission Les coulisses du pouvoir mardi avant le début d’une réunion spéciale de son cabinet sur les mesures à prendre au sujet de ce projet controversé, M. Trudeau a indiqué que « le gouvernement fédéral va défendre ses droits et ses responsabilités de veiller sur l'intérêt national ».

« Alors ce n'est pas une crise. C'est le gouvernement fédéral qui remplit ses responsabilités envers les Canadiens », poursuit M. Trudeau.

« C'est aussi devenu un enjeu qui n’est pas seulement un enjeu de pipeline, c'est un enjeu de compétence fédérale », ajoute le premier ministre.

« C'est pour ça qu'on va de l'avant et on va continuer d'insister et de défendre le droit du fédéral de gérer l'intérêt national, parce que sinon la fédération canadienne ne fonctionne plus », justifie le premier ministre.

Réunion spéciale

Le gouvernement Trudeau avait convoqué ses ministres pour une réunion spéciale du Cabinet mardi après-midi.

Le Cabinet ne se réunit habituellement pas lorsque la Chambre ne siège pas. Mais l’ampleur des réactions suscitées par l’annonce d’un possible abandon du projet par l’entreprise Kinder Morgan force le gouvernement à réagir.

Justin Trudeau part en voyage jeudi pour une semaine au Pérou, en France et au Royaume-Uni.

À sa sortie de la réunion spéciale, la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a rencontré brièvement les médias.

« C’est toujours clair que l’économie et l’environnement vont de pair, dit-elle. Nous avons eu une très bonne discussion aujourd’hui. »

Dimanche, l’entreprise Kinder Morgan a annoncé qu’elle suspendait toutes les activités non essentielles et les dépenses associées à ce projet qui subit une forte contestation de la part du gouvernement de la Colombie-Britannique et de groupes de la société civile.

Lors d’un point de presse mardi, le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan a répété qu’il aimerait avoir un dialogue avec Ottawa et l’Alberta dans ce dossier.

« Quand les gens ne s’entendent pas, dit-il, ils peuvent aller en cour. Nous ne favorisons pas cette option. »

Le projet Trans Mountain vise à tripler la capacité du pipeline existant, qui relie l’Alberta au port de Burnaby, en Colombie-Britannique, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour.

Un pipeline controversé

Datant des années 50, le pipeline Trans Mountain divise l’ouest du pays. Pour le gouvernement albertain, il s’agit d’augmenter les capacités d’exportation du pétrole issu des sables bitumineux.

En 2012, l’entreprise Kinder Morgan a annoncé son intention de faire croître la capacité du pipeline, se soumettant au processus d’approbation prévu par l’Office national de l’énergie, qui a approuvé le projet en mai 2016.

En novembre de la même année, le gouvernement Trudeau approuvait le projet, qui doit relier Edmonton à Burnaby. La contestation n’a toutefois jamais cessé.

La Colombie-Britannique, où passe le pipeline, a d’abord autorisé le projet sous le gouvernement de l’ex-première ministre Christy Clark. Mais en juin 2017, les néo-démocrates britanno-colombiens, soutenus par les verts défavorables à l’expansion du pipeline, ont défait le gouvernement libéral de Mme Clark.

La première ministre albertaine, Rachel Notley, favorable au projet d’expansion du pipeline, a promis l’imposition de nouvelles sanctions à la Colombie-Britannique, notamment sur les livraisons de gaz naturel et de pétrole. Elle a déjà suspendu les importations de vin de sa voisine.

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