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Justin Trudeau renonce à modifier le mode de scrutin d'ici les prochaines élections

La réforme du mode de scrutin électoral promise par Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale puis dans son discours du Trône ne se concrétisera finalement pas, a confirmé mercredi la nouvelle ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould.

« Il est devenu évident que nous n’avons pas pu dégager le vaste consensus nécessaire pour effectuer un changement de cette ampleur », a-t-elle expliqué en conférence de presse, mercredi après-midi, à Ottawa, après avoir remercié tous ceux et celles qui ont participé à ce débat d'une manière ou d'une autre.

La nouvelle avait filtré quelques minutes auparavant, après que La Presse canadienne eut révélé que le premier ministre avait retiré à la ministre Gould le mandat de modifier le système actuel, qu'il avait confié à sa prédécesseure, Maryam Monsef.

Dans sa lettre à Mme Gould, Justin Trudeau précise en toutes lettres que « la modification du système électoral ne fera pas partie de son mandat ». Il avait pourtant promis que le système électoral majoritaire à un tour actuellement utilisé serait modifié à temps pour les prochaines élections générales d'octobre 2019.

Les libéraux avaient admis par la suite qu'ils ne procéderaient pas à cette réforme si un vaste consensus n'était pas présent au sein de la population canadienne, sans préciser l'ampleur souhaitée de ce consensus.

En décembre dernier, un comité spécial multipartite de la Chambre des communes avait recommandé au gouvernement d'opter pour un mode de représentation proportionnelle et de tenir un référendum national sur cette option.

La ministre Monsef avait réagi en se moquant ouvertement du travail de ces députés de tous les partis à la Chambre des communes. Le gouvernement Trudeau avait ensuite lancé en ligne son propre sondage sur la question, sur le site « MaDémocratie.ca ».

Dans sa lettre de mandat à la ministre Gould, le premier ministre reconnaît que les travaux du comité et les diverses consultations n'ont pas permis de dégager un consensus sur un mode de scrutin en particulier, et qu'il « ne serait pas dans l'intérêt du Canada » de tenir un référendum sans « préférence ou question claire ».

M. Trudeau demande plutôt à la ministre Gould de concentrer ses efforts sur la lutte contre le piratage informatique du processus électoral, la transparence du financement des partis politiques et la réforme du Sénat, notamment.

Le Globe and Mail avait déjà révélé la semaine dernière que Karina Gould préparait un projet de loi sur les activités de financement offrant un accès privilégié aux ministres et au premier ministre pour les rendre plus transparentes.

En matière de piratage informatique, Mme Gould a précisé que le gouvernement demandera au Centre de la sécurité des télécommunications « d’analyser et de rendre publique l’évaluation du risque actuel de piratage informatique des partis politiques du Canada » et de leur proposer des mesures de protection.

Cette approche est annoncée quelques mois après que des serveurs du Parti démocrate, aux États-Unis, eurent été piratés par des groupes russes liés au Kremlin lors de la campagne électorale américaine, selon la communauté américaine du renseignement.

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