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Kathleen Wynne dit « non » aux péages à Toronto

Le gouvernement ontarien a annoncé qu'il ne permettra pas à la Ville de Toronto d'instaurer des péages sur les autoroutes Gardiner et Don Valley.

La première ministre Kathleen Wynne trouve que la proposition coûterait trop cher aux automobilistes alors qu'il n'y a pas beaucoup d'autres options pour se rendre au centre-ville de Toronto.

Il faudra attendre que des projets d'expansion du transport en commun comme SmartTrack soient en place avant de pouvoir envisager les péages, ce qui mènera au moins à 2023.

Le chef de l'opposition conservatrice, Patrick Brown qualifie la nouvelle de « victoire pour l'abordabilité » à Toronto et dans ses banlieues. Selon lui, les Ontariens ne pouvaient « pas se permettre de payer des péages ».

Subventions additionnelles pour les villes

Lors d’une conférence de presse vendredi matin à Richmond Hill, la première ministre a cependant annoncé qu’elle versera à plus d'une centaine de municipalités qui ont un système de transport en commun une part plus importante des revenus générés par la taxe sur l’essence à partir de 2019.

Alors que la taxe sur l'essence n'augmentera pas, la portion accordée aux municipalités passera de 2 cents aujourd'hui à 2,5 cents en 2019, 3 cents en 2020 et 4 cents en 2021.

Cela pourrait représenter 170 millions de dollars pour la Ville de Toronto, ce qui est toutefois en deçà de ce que les péages auraient pu rapporter.

« Chaque année, la taxe provinciale sur l'essence apporte environ 170 millions de dollars au budget opérationnel de la Commision de transport de Toronto (CTT), affirme le président de la CTT, Josh Colle dans un communiqué, l'annonce d'aujourd'hui que le gouvernement va doubler cette somme d'ici 2021, aidera à faire une différence positice et importantes pour la CTT et ses passagers à Toronto et dans la région. »

Josh Colle dit toutefois regretter que la province ait rejeté la demande du conseil municipal d'instaurer des péages.

D'où viendra l'argent?

En conférence de presse, vendredi, John Tory, a admis que Toronto est en meilleure posture « qu'elle ne l'était hier » avec 170 millions de dollars de plus, mais que cela ne règle pas les problèmes auxquels la ville fait face en matière de congestion routière, de logements sociaux et d'expansion du transport en commun.

« Ça ne peut pas être la seule solution », a-t-il ajouté.

Le maire estime que les autres municipalités ontariennes ont aussi bénéficié de la générosité de la province parce que Toronto et ses élus ont fait preuve de leadership en mettant de l'avant un plan pour surmonter ses défis.

Les péages auraient généré non seulement des revenus, mais auraient aussi aidé à décongestionner les routes pour améliorer l'économie, selon le maire qui ajoute que ce plan a été rejeté par un gouvernement « paternaliste » qui sous-estime l'autonomie municipale et les priorités de près de trois millions de Torontois.

La province empêche la Ville de prendre soin de ses résidents à sa façon.

John Tory, maire de Toronto

La Ville de Toronto pensait recueillir jusqu'à 300 millions de dollars par année grâce aux péages.

Pour John Tory la balle est maintenant dans la cour de la province. C'est au gouvernement d'expliquer comment il entend financer les réparations nécessaires aux logements sociaux et aux routes.

Le maire s'est aussi dit frustré et qu'il n'avait pas l'intention d'être traité comme un enfant avec la main tendue pour obtenir ce que la Loi sur la cité de Toronto permet à ses élus de faire notamment d'imposer des péages et une taxe sur l'alcool pour payer pour les services dont la province s'est débarrassée il y a plusieurs années.

Le maire dit qu'il n'abandonnera pas la partie pour autant à cause de ce revers.

Ce n'est pas assez, dit le NPD

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, estime que 170 millions de dollars n'est pas une somme suffisante pour Toronto.

« Si la première ministre était vraiment déterminée à répondre aux besoins de Toronto et des municipalités ontariennes, alors elle devrait immédiatement restaurer 50 % du financement opérationnel pour les services de transport en commun municipaux, ce qui totaliserait plus de 300 millions de dollars, contrairement aux 170 millions de dollars que les libéraux offrent à Toronto », dit-elle dans un communiqué vendredi.

Andrea Horwath qualifie aussi la décision de Kathleen Wynne de « politique ».

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