Retour

Kathleen Wynne peut-elle encore réduire les factures d’électricité?

Les attentes sont grandes envers le gouvernement libéral de Kathleen Wynne, qui a promis des mesures pour aider les Ontariens à payer leurs factures d'électricité.

Le prix des factures a bondi ces dernières années. Toutefois, le gouvernement libéral a peu de marge de manoeuvre dans le secteur de l'électricité.

Le constat : une augmentation des prix trop forte

Des rabais jugés insuffisants

Rappelons-nous que la dernière session législative à Queen’s Park avait été entamée avec un discours du trône qui annonçait un rabais de 8 % sur les factures d’électricité. Même avec l’entrée en vigueur de ces rabais, le 1er janvier 2017, la grogne des Ontariens n'a pas diminué.

Le 13 février dernier, le gouvernement ontarien a également annoncé une autre réduction de 8 % de la facture d'électricité.

QU'EST-CE QUI COÛTE SI CHER DANS L'ÉLECTRICITÉ?

Dans sa mise à jour économique de 2010, le gouvernement ontarien prévoyait des hausses des prix de l’électricité qu’il attribuait à « la mise à niveau et à la modernisation des centrales et des réseaux de transport et de distribution de l’Ontario (44 %); et les investissements dans les nouvelles sources d’énergie renouvelable propre (56 %) ».

Les Ontariens paient pour leurs factures d’électricité le prix du marché du kilowatt-heure et « l’ajustement global », qui est la différence entre le prix du marché et ce qu’il en coûte réellement pour produire de l’électricité dans la province.

1. L’ajustement global représente la plus grande partie de la facture.

2. L’ajustement global sert aussi à payer des producteurs d’énergies vertes.

L'Ontario a signé des contrats à long terme avec les producteurs d'énergie verte à fort prix, en vertu du programme de tarifs de rachat garantis de l’Ontario (TRG).

Par exemple, en 2009, des contrats ont accordé plus de 80 cents le kilowattheure à des producteurs d’énergie solaire.

Nous avons calculé que, sur les 20 ans du contrat, les énergies renouvelables générées dans le cadre du programme ministériel actuel à tarifs de rachat garantis coûteront aux consommateurs 9,2 milliards de dollars de plus.

La vérificatrice générale au sujet de l’ajustement global

3. Les Ontariens paient pour bien plus d’électricité qu’ils n'en consomment.

4. Les frais de livraison sont variables.

Ces frais comprennent souvent un montant fixe et un montant ajusté selon la quantité d’électricité consommée.

Ils servent à payer pour la construction et l'entretien des lignes de transmission, qui amènent l’électricité jusqu’aux particuliers.

La carte ci-dessous montre les frais de livraison mensuels pour un client résidentiel desservi par les principaux distributeurs d'électricité en Ontario.

Dans un discours devant le Economic Club de Toronto en janvier, la première ministre Kathleen Wynne a dit avoir entendu un très grand nombre d'Ontariens exprimer leurs frustrations par rapport à ces frais : « Il y a des gens dans la province qui paient des frais de livraison beaucoup trop élevés. »

Dans certains cas, ces frais représentent la moitié du total de la facture. La première ministre ajoute que les consommateurs devraient payer des factures d’électricité qui représentent leur consommation.

QUAND ON SE COMPARE, ON SE CONSOLE?

EXISTE-T-IL D'AUTRES SOLUTIONS?

1. Annuler la remise à neuf de la centrale nucléaire de Darlington

L’Ontario devrait annuler la remise à neuf de la centrale nucléaire de Darlington, qui est en cours, selon le Mark Winfield, professeur à l’Université York, qui est aussi vice-président de la Sustainable Energy Initiative.

Le budget pour le projet est de plus de 12 milliards de dollars. M. Winfield croit que la province pourrait utiliser l’argent économisé pour acheter de l’électricité à bon prix du Québec, qui est capable de produire à faible coût dans ses centrales hydroélectriques.

Le Québec vend aux États-Unis de l’électricité à une fraction du prix de ce que coûterait la génération d’électricité à partir de la centrale nucléaire de Darlington.

Mark Winfield, professeur à l’Université York et vice-président de la Sustainable Energy Initiative

C’est aussi l’opinion de Jack Gibbons, du groupe Ontario Clean Air Alliance.

Nos réacteurs nucléaires arrivent à la fin de leur vie. Nous devons les remplacer, mais il est insensé de reconstruire ces réacteurs vieillissants parce qu’il existe d’autres options moins chères, comme d’importer de l’hydroélectricité du Québec.

Jack Gibbons, Ontario Clean Air Alliance

2. Annuler les contrats pour l’énergie verte

Le gouvernement doit annuler les contrats de 20 ans qu’il a conclus avec des producteurs d’énergie renouvelable, selon le Pr Ross McKitrick, économiste à l’Université de Guelph.

Des prix bien plus élevés que les prix du marché

Il explique que ces contrats garantissent aux producteurs des prix bien plus élevés que les prix du marché pour chaque kilowatt produit.

« Bien sûr, ce serait une admission d’erreur [d’avoir signé ces contrats] et ce serait difficile politiquement, dit M. McKitrick, mais c’est la façon la plus simple de réduire les coûts de production d’électricité que doivent payer les consommateurs. »

Un gouvernement prisonnier du système en place

Au contraire, le Pr Jean-Thomas Bernard de l’Université d’Ottawa croit que le gouvernement a les mains liées quant aux prix de l’électricité. « C’est un peu comme [pour] monsieur ou madame Tout-le-Monde. Lorsqu’on a fait des dépenses, on ne peut pas dire le lendemain à la personne qui nous a vendu quelque chose au magasin : ''Oubliez ça, je vais aller voir un autre fournisseur.'' »

Plus d'articles

Vidéo du jour


Ce garçon se fait prendre par le reste de sa famille!





Rabais de la semaine