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Kevin O’Leary se lance dans la course à la direction du Parti conservateur

L'homme d'affaires Kevin O'Leary a annoncé mercredi matin, en entrevue avec l'animateur Ben Mulroney sur les ondes de CTV, qu'il se lançait à son tour dans la course à la direction du Parti conservateur.

Il devient par le fait même le 14e candidat à briguer la tête du parti. Son nom circulait depuis un certain temps. Cette annonce n’est donc pas une surprise.

Absent remarqué du débat en français de mardi – une langue qu’il ne maîtrise pas – l’homme d’affaires d’origine montréalaise se décrit comme le seul de tous les candidats conservateurs à pouvoir battre le premier ministre libéral Justin Trudeau aux prochaines élections.

Dans une déclaration, publiée aussitôt l’annonce faite, il fait valoir que son succès en tant qu’homme d’affaires et son expérience à l’international en font le candidat parfait pour remédier à la mauvaise gestion de l’économie par le gouvernement Trudeau.

L'homme d'affaires, connu pour sa participation à l'émission Dragons' Den, de CBC, estime que les politiques libérales actuelles plongeront le Canada dans un état d’endettement perpétuel, au détriment des générations futures.

Il estime par ailleurs que, contrairement à lui, Justin Trudeau n’est pas de taille à affronter Donald Trump, dont les stratégies d’affaires « agressives » risquent de faire mal à l’économie canadienne.

« Les Canadiens ont besoin d’un premier ministre avec un plan intelligent pour relancer rapidement l’économie, un premier ministre qui appuie les PME, qui se battra pour les travailleurs canadiens et arrêtera le gaspillage des fonds publics, un premier ministre concentré sur la création d’emplois », écrit-il.

Il est devenu clair que je suis le seul qui puisse battre Trudeau.

Kevin O'Leary

Un candidat unilingue

Après avoir laissé entendre par le passé qu'il n'était pas nécessaire d'être bilingue pour tenter de devenir premier ministre, Kevin O'Leary s'est ravisé et a affirmé à CTV que son français s'améliorerait bientôt.

En fait, jusqu'à ce que j'aie 7 ans, je conversais [en français], selon mes parents. Ça revient. Vous savez, les gens disent : "Tu ne parles pas français." Ce n'est pas vrai, mon français devient meilleur chaque jour.

Kevin O'Leary

Interrogé sur le nombre de langues qu'il parlait, Kevin O'Leary a répliqué dans la langue de Molière : « Anglais, français, emplu [emploi], emplu, emplu [sic] », expliquant en anglais qu'il parlait aussi la langue de l'emploi.

Il a ajouté qu'il pratiquait quotidiennement son français avec des hommes d'affaires, estimant faire des progrès.

Une absence remarquée et dénoncée

Le fait qu'il soit unilingue anglais et qu'il ait attendu le lendemain du débat en français pour annoncer sa candidature a créé un malaise dans les rangs conservateurs. À Québec, où avait lieu le débat, l'absence de l'homme d'affaires a été dénoncée par plusieurs candidats à la direction du parti.

En conférence de presse après le débat, nombreux sont ceux qui ont déploré le fait que Kevin O'Leary attende que le débat en français soit passé pour se lancer.

Réagissant à l’annonce de cette candidature, Maxime Bernier, un autre prétendant à la direction du PCC, n’a pas exprimé d’inquiétude quant à ce nouveau venu qui chasse sur les mêmes terres que lui, à savoir l'économie.

Les gens savent, entre l'original et la copie, qui est l'original. Et je pense que c'est moi, l'original avec les politiques économiques.

Maxime Bernier

« C'est dommage que les membres n'aient pas pu entendre M. O'Leary hier [mardi] dans le débat en français, mais ce que je retiens de tout ça, c'est quand même que nous allons avoir l'occasion de débattre avec lui », a souligné M. Bernier.

Dans une chronique d'opinion parue dans le Globe and Mail, l'ancien directeur des communications de Stephen Harper, Andrew MacDougall, a écrit que le futur chef conservateur devait absolument être bilingue et que la candidature de M. O'Leary devrait être « rejetée du revers de la main ».

Le président du mouvement Impératif français, Jean-Paul Perreault, a été plus cinglant, qualifiant de « baveux » l'ancien « dragon ».

Il [Kevin O’Leary] n'a pas sa place dans le décor partisan, dans le décor politique canadien.

Jean-Paul Perreault, président du mouvement Impératif français

Le prochain débat dans le cadre de la course à la direction du PCC aura lieu le 28 février à Edmonton. Le nouveau chef sera élu le 27 mai.

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