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Kevin O'Leary se retire au profit de Maxime Bernier

Coup de théâtre dans la course à la direction du Parti conservateur. L'homme d'affaires Kevin O'Leary vient de confirmer qu'il jette l'éponge et qu'il appuie Maxime Bernier. « C'est la bonne chose à faire pour le Parti conservateur et le pays », affirme-t-il.

Dans un communiqué publié en début d'après-midi M. O'Leary dit croire que M. Bernier et lui sont actuellement en tête de la course, une analyse partagée par tous les observateurs.

« Il pensait pouvoir gagner la course au leadership assez bien – là-dessus, je n’étais pas du même avis, mais bon – il dit que le problème qu’il a, c’est de gagner l’élection pour battre Justin Trudeau. »

M. Leary admet cependant douter de sa capacité à rallier de nouveaux appuis pour la suite de la course, qui sera décidée par un scrutin préférentiel. Il constate que, faute d'appuis au Québec, il n'est pas le mieux placé pour battre les libéraux de Justin Trudeau lors de l'élection fédérale prévue en 2019.

« Comme je ne viens pas de la scène politique, j'ai un très faible soutien au deuxième tour », indique M. O'Leary. « Je suis extrêmement fort dans l'Ouest, mais je n'ai pas de soutien majeur au Québec », ajoute-t-il, sans mentionner explicitement son incapacité à parler français.

M. O'Leary affirme que « les libéraux détiennent politiquement le Québec », dont les conservateurs n'occupent actuellement que de 12 des 78 sièges à la Chambre des communes. À défaut de faire mieux, observe-t-il, « il sera extrêmement difficile de battre Trudeau en 2019 ». En point de presse en fin d'après-midi, Kevin O'Leary a ajouté que « c'est le Québec qui décide, c’est la Floride du Canada! »

Kevin O'Leary assure qu'il apporte désormais son « plein soutien » à Maxime Bernier, qu'il va « tout mettre en oeuvre pour assurer qu'il sera élu » et qu'il invite ses partisans à faire de même.

« Kevin et moi nous sommes allés rencontrer nos partisans respectifs après le débat, a déclaré M. Bernier en entrevue à RDI jeudi matin. Maintenant, les deux équipes vont travailler en synergie pour s’assurer, sur le terrain, de faire sortir le vote. »

« Ensemble, nous allons chasser Justin Trudeau du pouvoir en 2019, et nous allons travailler pour que la croissance économique soit de 3 % », a déclaré M. Leary, en reprenant le principal engagement de sa campagne.

Le retrait de M. O'Leary es survenu à quelques heures du dernier débat des candidats à la direction du parti, à Toronto.

Il survient également à deux jours du début du vote des quelque 259 000 membres du parti. Le résultat du scrutin sera divulgué le 27 mai.

Selon des analystes, M. Bernier était déjà le deuxième choix de plusieurs partisans de M. O'Leary. Les deux hommes défendent le conservatisme fiscal et la réduction de la taille de l'État.

Ils divergent cependant d'opinion sur le système de gestion de l'offre en vigueur pour certains produits agricoles. M. Bernier prône l'abolition de ce système, contrairement à M. O'Leary.

Les autres candidats critiquent O'Leary

En entrevue à Radio-Canada, l'autre aspirant chef conservateur issu du Québec, Steven Blaney, a pourfendu la décision de M. O'Leary, qui vient « alimenter le cynisme de la population à l'égard de la politique ».

L'homme d'affaires est passé « en coup de vent dans notre course », a dénoncé le député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, après avoir eu une pensée pour les partisans de l'homme d'affaires, « qui doivent se sentir trahis ».

« Clairement, on pourrait parler d’opportunisme », a-t-il ajouté. La politique est une question de confiance et « M. Oleary vient d’échouer lamentablement le test ».

Steven Blaney convient toutefois qu'avec ce désistement, une « nouvelle course commence » pour la direction du Parti conservateur.

Un des candidats à la direction, Andrew Sheer, affirme que lui et Maxime Bernier sont les deux seuls à pouvoir remporter la course et il a appelé les partisans de Kevin O'leary à le rejoindre,. « Si vous êtes déçus, si vous êtes confus, venez dans mon camp. Je suis le seul candidat qui peut maintenir l’unité des conservateurs. »

Kellie Leitch a pour sa part écrit dans un communiqué: « Kevin O'Leary n'a jamais été un vrai conservateur puisqu'il est pour la légalisation de la marijuana, comme Maxime Bernier et Justin Trudeau. »

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