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L'accueil de réfugiés au Canada : l'exemple des Kosovars

Au moment où le pays pourrait se préparer à accueillir des milliers de réfugiés syriens, l'histoire canadienne peut offrir un éclairage intéressant. En effet, au printemps 1999, le Canada accueillait quelque 5000 réfugiés kosovars, parrainés par le gouvernement.

Un texte de Madeleine Blais-Morin

Dans son appartement, à Montréal, Mensur Bellaina a conservé des photos de son arrivée au Canada. C'était en mai 1999. Il n'avait que 20 ans à l'époque.

Une larme coule sur sa joue lorsqu'il pense à la guerre qu'il a vécue au Kosovo.

D'un camp de réfugiés en Macédoine, il a été emmené au Canada sans sa famille, qu'il croyait morte.

« Quand on est descendus de l'avion, on a vu la Croix-Rouge et le premier ministre libéral Jean Chrétien nous a salués, se rappelle-t-il. Le lendemain, il y avait un endroit où on pouvait prendre des vêtements et des souliers. Puis, on nous a emmenés en autobus à la base militaire de Kingston. On y est restés trois ou quatre semaines. »

En tout, environ 5000 réfugiés parrainés par le gouvernement ont été accueillis au printemps 1999. La moitié d'entre eux a atterri à la base militaire de Trenton, en Ontario, l'autre à celle de Greenwood, en Nouvelle-Écosse.

Denise Helly, professeure à l'Institut national de recherche scientifique, a interviewé une cinquantaine de ces réfugiés quelques mois après leur arrivée. Ils étaient, se rappelle-t-elle, traumatisés.

Au-delà de la peur ressentie pendant la guerre, il y avait le souvenir des camps.

« Ils avaient des souvenirs épouvantables des camps en Macédoine, et pour certains, ça a été la raison du choix du Canada, explique-t-elle. Parce que les premiers avions à sortir des réfugiés des camps de Macédoine ont été des avions militaires canadiens. »

Le rôle de la Défense nationale

Gaston Cloutier était commandant de la base de Trenton à l'époque. Il croit que les militaires pourraient à nouveau être appelés à contribuer à l'accueil des réfugiés syriens. Le premier ministre désigné, Justin Trudeau, a d'ailleurs affirmé en campagne électorale vouloir en accueillir 25 000 d'ici la fin de l'année.

Pour Gaston Cloutier, pareil engagement implique des ressources financières, humaines et matérielles.

« Techniquement, tout est faisable. Mais il faudrait mettre les ressources nécessaires. Si on met 250 personnes approximativement dans un avion, on parle de 100 avions. Est-ce qu'il y a 100 avions de disponibles avec les Fêtes qui s'en viennent, sur le marché du nolisement? Je ne peux pas répondre à cette question-là, mais ce serait un des gros défis de trouver les avions pour transporter 25 000 personnes dans une période assez courte », souligne-t-il.

Gaston Cloutier rapporte que, à l'époque, le gouvernement avait nolisé des avions.

Même 16 ans plus tard, il se souvient lui aussi clairement de cet épisode. Il avait l'impression d'accomplir quelque chose d'important.

« Dans ma carrière, en équipe, j'ai beaucoup contribué à sauver des vies ou à aider des gens. Donc, c'était très satisfaisant. C'était un événement marquant, se rappelle-t-il. Comme j'ai eu des événements marquants dans la recherche et le sauvetage. Ça, ça a été un événement peut-être un petit peu plus marquant que les autres. »

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