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L’Alberta resserre ses lois entourant la conduite avec les facultés affaiblies

Désormais, les Albertains qui conduisent avec des facultés affaiblies par le cannabis ou l'alcool verront leur permis suspendu pendant trois mois.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Ce changement a été annoncé en novembre, après que la Cour d’appel de l’Alberta eut déclaré inconstitutionnelle la loi albertaine qui permettait de suspendre le permis du conducteur pour une durée indéterminée.

Dorénavant, en plus de la suspension de 90 jours, les conducteurs qui ont un taux d’alcoolémie supérieur à 0,08 ou qui ont les facultés affaiblies par le cannabis seront obligés de participer à un programme leur imposant un antidémarreur avec éthylomètre pendant un an. Ceux qui refusent de participer à ce programme verront leur permis suspendu pendant 12 mois.

« C’est un pas dans la bonne direction », affirme Andrew Murie, le PDG de l’association Les mères contre l'alcool au volant (MADD). Mais il aimerait que le gouvernement aille plus loin.

« L’Alberta a indiqué qu’elle allait utiliser un système administratif et qu'elle allait créer plus de législation pour encadrer la consommation de cannabis et la conduite. Alors on attend encore que ces pièces soient ajoutées », poursuit-il.

L’Association des automobilistes de l’Alberta (AMA) appuie elle aussi ces changements, qui arrivent au moment opportun, selon Jeff Kasbrick, le vice-président des relations entre le gouvernement et les parties prenantes de l'AMA.

« On doit faire tout ce qu’on peut pour s’assurer qu’on prend au sérieux la conduite avec les facultés affaiblies sous toutes ses formes, dit-il. Ces modifications encadrent la conduite non seulement avec les facultés affaiblies par l’alcool, mais aussi par les drogues. Et ça c’était une de nos limitations jusqu’à présent. »

Les tests salivaires, pas la solution?

Jean-Sébastien Fallu, spécialiste en toxicomanie, croit ces nouvelles règles ouvrent la porte à des dérapages. Il remet en question l’utilisation des tests de salive utilisés par les policiers pour vérifier si les conducteurs ont les facultés affaiblies par le cannabis.

Même si un conducteur échoue à un test de salive pour le cannabis, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il n’est pas en état de conduire, explique-t-il.

« Dans le cas du cannabis, c’est tellement variable, le lien entre le taux détecté et les facultés affaiblies, que ça ne tiendra jamais la route devant des tribunaux. Aussi, si une consommation est quotidienne, on peut être détecté à des seuils assez élevés jusqu’à plusieurs jours après la consommation sans être affectés pour la conduite. »

« On peut être certain que ça va se retrouver devant les tribunaux, ça va être contesté et les gens vont gagner, et donc, tout ça, ça va être beaucoup de temps et d’énergie perdus, dit-il. Les tests salivaires ne sont vraiment pas la solution. »

Selon Jean-Sébastien Fallu, des « tests de sobriété normalisée en bordure de route », c’est-à-dire qui consistent à demander au conducteur de marcher sur une ligne droite au sol, par exemple, permettent de déterminer de manière plus efficace si celui-ci a les facultés affaiblies par le cannabis que des tests de salive.

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