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L'Alberta suspend les importations de vin de la Colombie-Britannique

L'Alberta a annoncé mardi que la province suspend toutes les importations de vins venant de la Colombie-Britannique, haussant le ton dans la bataille que se livrent les deux provinces à propos de l'expansion du pipeline Trans Mountain.

Un texte de Stéphanie Rousseau et Charlotte Dumoulin

La Colombie-Britannique a annoncé la semaine dernière qu’elle envisage des restrictions pour transport de bitume sur son territoire, un geste vu par l'Alberta comme une action contre l’expansion prévue du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan.

« L'industrie du vin est très importante pour la Colombie-Britannique », a déclaré Rachel Notley lors d'une conférence de presse. « Ce n'est pas aussi important que l'industrie de l'énergie en Alberta et au Canada, mais c’est important. »

En 2017, l'Alberta a importé environ 17,2 millions de bouteilles de vin de Colombie-Britannique, a précisé Mme Notley, ce qui représente 70 millions de dollars par année.

La Commission des alcools et des jeux de l’Alberta va aussi « intensifier l'application de la loi sur les ventes directes aux consommateurs », a ajouté la première ministre.

Mme Notley avait déjà annoncé la semaine dernière que l'Alberta suspendait les pourparlers avec la Colombie-Britannique sur la vente d'électricité, qui rapporte jusqu'à 500 millions de dollars par année dans les coffres de la province côtière.

En Colombie-Britannique, le gouvernement minoritaire néo-démocrate de John Horgan, qui a besoin du Parti vert pour gouverner, ne veut pas donner son aval immédiatement à l'accroissement de la capacité de l'oléoduc Trans Mountain, qui achemine déjà du pétrole lourd de l'Alberta vers le port de Vancouver.

Le gouvernement souhaite d'abord examiner l'efficacité des mesures d'intervention et de décontamination en cas de déversement.

En soirée mardi, John Horgan a exhorté l'Alberta à revenir sur sa décision. « Si l'Alberta n'est pas d'accord, elle peut présenter ses arguments dans un endroit approprié, soit une cour de justice, a-t-il déclaré en affirmant haut et fort qu'il défendra les producteurs de vin de la Colombie-Britannique.

« Une guerre commerciale »

Sylvain Charlebois, professeur en politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie, à Halifax, estime que le conflit entre l'Alberta et la Colombie-Britannique vient de franchir une étape marquante. Il parle d'une guerre commerciale.

« J'ai l'impression que l'intention première de l'Alberta, c'est d'envoyer un signal clair, comme quoi elle n'est pas prête à tolérer le geste que pose le gouvernement de la Colombie-Britannique », explique Sylvain Charlebois.

M. Charlebois ne prévoit pas de graves conséquences sur l'industrie viticole britanno-colombienne à court terme, mais, selon lui, l'Alberta pourrait encore aller plus loin avec cet embargo et viser ensuite les produits maraîchers et l'industrie du saumon de la Colombie-Britannique.

La constitutionnalité du geste de la Colombie-Britannique mise en doute

La première ministre albertaine a déjà estimé que le blocage du gouvernement de la Colombie-Britannique dans le dossier de l'oléoduc Trans Mountain constitue une tentative inconstitutionnelle pour contourner le feu vert donné par Ottawa.

Les libéraux de Justin Trudeau ont approuvé le projet en novembre 2016, en imposant des dizaines de conditions au promoteur, Kinder Morgan. L'expansion de l'oléoduc Trans Mountain permettrait de tripler la capacité du réseau, qui passerait de 300 000 à 890 000 barils par jour de pétrole lourd acheminé jusqu'au port de Vancouver, à Burnaby.

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