L'ex-député libéral de Verdun, Jacques Daoust, s'est éteint à l'âge de 69 ans. Victime d'un accident vasculaire cérébral grave, M. Daoust était hospitalisé depuis fin juillet.

Jacques Daoust a rendu son dernier souffle entouré de sa famille, à 1 h 40, dans la nuit de mercredi à jeudi, des suites de son AVC, a confirmé son fils, Sébastien Daoust.

« On avait pourtant des premiers signes cognitifs encourageants, raconte son fils. Trois heures plus tard, la situation s’était complètement détériorée. »Sébastien Daoust gardera en mémoire le plaisir qu'il avait à travailler avec son père sur le vignoble dont ils étaient propriétaires à Hemmingford, en Montérégie, les Vignes de Bacchantes. « Mon père, il aimait finir des projets. Il n’a pas fini son projet politique, mais il espérait bien pouvoir finir son projet viticole », se remémore-t-il.

« C’était un homme très très compétent, mais ce que je retiens, c’est son sens de l’humour. J’ai adoré travaillé avec Jacques Daoust », a confié Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique, en offrant ses condoléances à la famille.

Le premier ministre Philippe Couillard a pour sa part réagi avec « beaucoup de chagrin », jeudi, à la mort de son ex-collègue.

« Jacques Daoust a beaucoup fait pour le Québec […] Il a fait en sorte que nos programmes s’améliorent. Je pense qu’on doit lui être reconnaissant pour le service public », a déclaré M. Couillard qui a rappelé les réalisations du défunt lors de son passage à la tête de plusieurs ministères.

« La politique n’est jamais une chose facile. Mais, aujourd’hui, pensons à l’homme, pensons à sa famille, pensons au service public », a ajouté le premier ministre qui a présenté ses condoléances à la famille.

Parcours

On se souvient de Jacques Daoust à cause de l'affaire Rona, qui l'a poussé à la démission, mais quelles sont ses principales réalisations?

Ancien banquier d’affaires, Jacques Daoust fait le saut en politique au printemps 2014, lorsqu’il est élu député de la circonscription de Verdun, à Montréal, sous la bannière libérale.

Le nouveau premier ministre, Philippe Couillard, lui confie aussitôt le portefeuille de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

Avec les économistes Martin Coiteux et Carlos Leitao, au Conseil du Trésor et aux Finances, il constitue le trio économique sur lequel M. Couillard compte s’appuyer pour relancer l’économie.

On retient de son passage au ministère de l’Économie la décision du gouvernement d’injecter 1 milliard de dollars américains dans Bombardier pour l'aider à poursuivre le développement de la C Series et à la commercialiser, un geste controversé qui a fait couler beaucoup d’encre. Les partis d'opposition lui reprochent d’avoir pris un important risque financier sans aucune assurance que la transaction serait rentable pour les contribuables.

En janvier 2016, l’équipe économique est démantelée et Jacques Daoust est muté aux Transports en remplacement de Robert Poëti.

Le dossier Uber

À ce titre, il doit gérer l’épineux dossier d’Uber et la contestation des chauffeurs de taxi. Son projet de loi, qui sera adopté en juin 2016, impose des règles strictes à Uber et calme quelque peu la contestation des chauffeurs.

Mais un vieux dossier vient rattraper M. Daoust : celui de la vente des actions de la quincaillerie Rona détenues par Investissement Québec alors que M. Daoust était ministre de l’Économie, en 2014.Cette vente a permis à l’américaine Lowe’s de mettre la main sur la quincaillerie québécoise, deux ans plus tard.

La controverse à savoir si M. Daoust avait autorisé ou pas cette transaction a enflé à un point tel que le ministre s’est vu forcé à démissionner, en août 2016, accusé par les partis d’opposition d’avoir menti à la population.

Son fils Sébastien soutient que son passage en politique l'avait marqué. « Il m’en parlait à tous les jours. Il en parlait à mon frère à tous les jours. Il en parlait à ma mère à tous les jours », a-t-il relaté, sans cacher qu'il avait été déçu par cette expérience.

Avant la politique

Avant son entrée au gouvernement, M. Daoust avait été pendant cinq ans président et chef de la direction d’Investissement Québec, où il avait été nommé par Jean Charest, en 2006.

Il a perdu son poste en 2013, après l’arrivée au pouvoir de Pauline Marois. Le gouvernement péquiste avait alors déclaré vouloir un candidat qui remplirait un mandat de développement économique plutôt que quelqu'un issu du milieu bancaire.

Ce dégommage a été dénoncé par l’opposition libérale de l’époque, qui soutenait que M. Daoust avait été démis de ses fonctions parce qu’il critiquait le projet péquiste d’une nouvelle Banque de développement économique.

Entre 1986 et 2005, il a occupé plusieurs postes de direction au sein de la Banque Laurentienne et de la Banque Nationale.

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