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L’assurance médicaments doit être financée par le fédéral, disent les provinces

Les premiers ministres des provinces et des territoires du Canada se sont entendus, jeudi, afin qu'un éventuel régime national d'assurance médicaments soit obtenu sur une base volontaire et financé en majorité par le fédéral.

Ce sont les conclusions rendues à la suite d’une deuxième journée du Conseil de la fédération, à Saint-Andrews au Nouveau-Brunswick, où la santé a été mise à l’honneur. Le sujet du financement d’un éventuel régime d’assurance médicaments pancanadien était au cœur des discussions.

Les provinces se sont entendues pour dire qu’elles ne s’attendaient pas à se partager le coût entre elles, mais plutôt à avoir une aide substantielle d’Ottawa, voire un financement total.

Les premiers ministres ont d’ailleurs réitéré leur souhait que le gouvernement fédéral rétablisse le financement de la couverture médicale des provinces.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a indiqué que sa province finançait actuellement 83 % de la couverture médicale, tandis que le fédéral était responsable de 50 % du financement il y a 30 ans.

D’un autre côté, les premiers ministres veulent s’assurer que le régime national d’assurance médicaments sera accessible sur une base volontaire. Ainsi, les provinces ou territoires qui le désirent pourront conserver leur propre programme et son plein contrôle, tout en obtenant une compensation financière.

En ce sens, le Québec a déjà indiqué qu’il garderait son régime d’assurance médicament existant.

L'exemple du Québec

« La mise sur pied du régime d’assurance maladie en 1968 était un modèle optionnel et il y avait un effort pour bâtir un consensus. Les provinces et les territoires se sont joints à ce modèle lorsqu’ils ont senti qu’ils en étaient capables », explique le docteur Hoskins, président du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance médicaments.

Son rôle est d’entendre les questionnements et recommandations des différentes parties afin de présenter un programme cohérent.

« En ce qui concerne le Québec, [nous examinons] quel modèle pourrait être le plus approprié, avance Eric Hoskins. Nous sommes sensibles au modèle qu’ils ont créé et qui, de plusieurs façons, dessert bien les Québécois. »

« Le Québec est le programme [d’assurance médicaments] le plus dispendieux au Canada », a fait valoir Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers, durant la conférence de presse de vendredi. Un fait qui a été corroboré par le docteur Hoskins.

« Ce n’est pas le programme qu’on promeut », dit-elle, précisant qu’il s’agissait du souhait du groupe qu’elle représente, et pas nécessairement de l’opinion du docteur Hoskins.

À l’heure actuelle, les médicaments ne sont pas couverts uniformément dans l’ensemble du pays.

Beaucoup de gens ont accès à une assurance médicaments provinciale ou privée par eux-mêmes ou par l’entremise de leur employeur, mais les modalités des diverses couvertures varient beaucoup.

Certains ménages qui n’ont aucune assurance doivent surmonter des obstacles financiers au moment de payer leurs médicaments, ajoute Linda Silas. Un régime national et universel améliorerait la situation, selon elle.

Améliorer l'accès, partout au Canada

« Le montant d’argent présentement dépensé est l'un des plus élevés par habitant. C’est le troisième plus élevé par habitant dans le monde après la Suisse et les États-Unis. Nous avons la possibilité, par l'intermédiaire d'un régime national d’assurance médicaments, de réduire le coût total et de réinvestir la différence dans l’accès aux médicaments pour tous les Canadiens », ajoute M. Hoskins.

Tous les premiers ministres ont de bonnes raisons d’appuyer un régime national universel d’assurance médicaments, selon les syndicats d’infirmières.

Mme Silas estime que le message entendu des premiers ministres au Conseil de la fédération est clair : « On a besoin d’arranger la façon dont nous distribuons les médicaments et dont nous payons les médicaments au Canada. Et il faut savoir [d’] où l’argent va venir. »

« C’est rendu qu’on paie plus pour les médicaments qu’on paie pour nos médecins », ajoute Linda Silas.

« Quand une famille canadienne sur quatre n’a pas d’assurance médicaments, quand un Canadien sur dix doit choisir ''est-ce que je vais payer l’épicerie ou mes médicaments cette semaine?'', on a un gros problème national, et ces premiers ministres-là le savent. »

Le gouvernement fédéral a créé un conseil consultatif sur la mise en oeuvre d’un régime national d’assurance médicaments.

Le conseil doit faire une évaluation financière, économique et sociale des modèles nationaux et internationaux en matière de régime d’assurance médicaments.

Il doit aussi consulter les Canadiens, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, des spécialistes, des patients, le secteur privé et d’autres intervenants du milieu. Son rapport est attendu en 2019.

Avec des renseignements de Wildinette Paul et de Michèle Brideau

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