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L'avocat de Duffy maintient que son client n'a rien fait d'illégal

L'avocat du sénateur Mike Duffy a consacré une large part de son plaidoyer à invoquer le manque de clarté des règles du Sénat afin de démontrer l'innocence de son client, mardi matin, au palais de Justice d'Ottawa.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Pour Me Donald Bayne, c'est la dernière occasion de défendre son client. Selon lui, Mike Duffy n'avait aucune mauvaise intention en posant les gestes qui lui sont reprochés.

Il indique à cet effet que son client a toujours été « heureux de répondre à toutes les questions » sur les événements entourant les accusations auxquels il fait face.

La Couronne reproche entre autres à Mike Duffy d'avoir touché des allocations de logement en déclarant vivre à l'Île-du-Prince-Édouard, alors que sa résidence principale se trouve dans la région d'Ottawa depuis des dizaines d'années.

Mike Duffy est aussi accusé d'avoir réclamé des dizaines de milliers de dollars en fonds publics pour des voyages qui, selon la Couronne, auraient été effectués à des fins personnelles ou partisanes.

Selon l'avocat de Mike Duffy, il faut s'en remettre aux règles de gestion du Sénat, qui manquent de clarté. « Si ce n'est pas interdit, eh bien ce n'est pas un acte interdit », a déclaré Donald Bayne.

L'avocat de la défense a d'ailleurs ajouté que tant des sénateurs influents que des membres de l'entourage de Stephen Harper avaient conseillé à Mike Duffy de déclarer que sa résidence principale était à l'Île-du-Prince Édouard.

Donald Bayne s'est également attaqué aux procureurs de la Couronne qui ont présenté leurs arguments lundi. Selon Donald Bayne, l'argumentaire déposé par écrit est surtout basé sur des impressions.

La question du chèque

Lundi, dans son plaidoyer final, la Couronne est revenue sur le chèque de 90 000 $ signé par l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour rembourser les dépenses injustifiées de Mike Duffy.

Le procureur de la Couronne Jason Neubauer avait affirmé que, dans cette opération, M. Duffy avait en tête de « protéger ses intérêts » liés à sa situation financière et à son admissibilité quant à continuer à siéger à la Chambre haute.

L'avocat de Mike Duffy, qui n'est pas encore revenu sur cette question, prévoit terminer son plaidoyer d'ici la fin de la journée.

Le juge Charles Vaillancourt a affirmé mardi matin qu'une décision dans cette cause serait rendue au plus tôt à la mi-avril.

Mike Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance.

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