Retour

L'embauche par le DGE d'une ancienne employée de Julie Boulet suscite des questions

L'apparence d'indépendance du Directeur général des élections (DGE) est écorchée par l'embauche récente d'une ancienne attachée politique de la ministre libérale Julie Boulet, ont estimé mercredi des représentants de partis de l'opposition.

Bien que le passage en politique de cette nouvelle porte-parole du DGE remonte à près de 10 ans, le député de Québec solidaire Amir Khadir constate un problème, alors que le Québec est actuellement dans une crise politique.

« Ça prête flanc à toutes sortes de suspicions, a-t-il dit en entrevue téléphonique. J'espère que si elle a été embauchée, c'est parce que les personnes responsables avaient oublié où elle était avant. »

M. Khadir croit que le DGE doit prendre des dispositions notamment parce que la commission Charbonneau fait référence au témoignage de Mme Boulet au sujet de ses pratiques de financement politique.

« Elle ne peut pas être porte-parole en ces matières, tout ce qui touche le provincial ou le Parti libéral, ni son opposition, parce que c'est corollaire », a-t-il dit.

Selon le député, les personnes désignées par l'Assemblée nationale, dont le DGE, le vérificateur général et le commissaire au lobbyisme, devraient être soumises à des règles plus strictes lors de l'embauche de fonctionnaires qui ont aussi une expérience politique.

Le chef caquiste François Legault partage cet avis. Mais selon lui, un jugement éclairé peut préserver l'image de neutralité de l'institution, chien de garde de la Loi électorale et des règles sur le financement politique.

« Il devrait y avoir des règles, mais c'est d'abord une question de jugement, a-t-il dit dans une mêlée de presse. Quand on a la responsabilité d'une fonction comme celle de DGE, on a aussi la responsabilité de projeter une image d'indépendance. »

M. Legault a affirmé que cette embauche est mal venue dans un contexte où plusieurs questions se posent quant à la légalité du financement reçu par le Parti libéral du Québec (PLQ).

« Je trouve ça un petit peu troublant de savoir qu'un ancien attaché politique coloré, de la couleur du Parti libéral, soit au bureau du directeur général des élections, a-t-il dit. J'aimerais avoir la version du DGE, mais ça ne me semble pas approprié. »

Le bureau du DGE défend sa décision

La directrice des communications du DGE, Nathalie Pitre, a défendu sa décision d'embaucher en janvier dernier cette employée, qui a travaillé pour Julie Boulet il y a environ 10 ans, quand elle était aux Transports, mais également pour les ex-ministres Lawrence Bergman et Marguerite Blais.

Mme Pitre a déclaré dans une entrevue téléphonique que cette personne, à l'emploi des trois ministres de 2005 à 2007, n'a jamais participé à des activités de financement politique.

« On a posé plusieurs questions, a-t-elle dit. Nous, on a eu des réponses qui nous rassurent à cet effet-là et on fait confiance à cette personne. »

Mme Pitre a expliqué que cette porte-parole « fait des communications, donne la position du DGE, ne donne pas sa position personnelle, elle ne fait pas des enquêtes ».
Selon la directrice, dans les cas où des conflits d'intérêts surviendraient avec des situations comprenant Mme Boulet, M. Bergman ou Mme Blais, un autre employé des relations médias sera chargé du dossier.

« Si on a des demandes médias qui touchent ces personnes, on va demander qu'une autre personne prenne le relais lorsque c'est possible », a-t-elle dit.

Une analyse plus profonde est nécessaire, selon Péladeau

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a également estimé que cette embauche soulève des questions sur le processus d'embauche.

« Peut-être que oui, en matière d'apparence, ça peut soulever un doute, a-t-il dit. Les critères, je ne les connais pas. Est-ce qu'il y avait plusieurs candidats? Tout ça requiert une analyse plus approfondie. »

M. Péladeau s'est montré réticent à empêcher d'anciens membres de cabinets politiques de travailler ensuite pour des institutions comme le DGE, le vérificateur général ou encore le commissaire au lobbyisme.

« Si on fait de la discrimination, éventuellement, ça pourrait donner lieu à une poursuite judiciaire, a-t-il dit. On n'a pas commis un délit criminel lorsqu'on a été attaché politique dans la vie. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine