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L'enquête sur les femmes autochtones continue de diviser  

Alors qu'une équipe spéciale de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) se déplace cette semaine en Saskatchewan, les opinions des communautés autochtones restent divisées sur la validité de l'enquête.

Une professeure en sociologie à l’Université de la Saskatchewan, Julie Kaye, est une des signataires de la lettre ouverte au premier ministre Justin Trudeau qui demande que cette enquête « profondément mal orientée » reparte sur de nouvelles bases.

L’enquête s’inscrit dans un contexte d’instabilité, où une nouvelle démission a été annoncée, soit celle de la directrice des relations avec les communautés, Waneek Horn-Miller. Il s'agit du septième départ au sein de l'ENFFADA depuis le début de l'année.

Julie Kaye souligne que l’enquête devrait être « remise à zéro », puisque le processus est désuet. Selon elle, plusieurs familles à travers le pays sont exclues du processus, malgré les efforts faits en vue d’inscrire les familles autochtones avant que les audiences de l'enquête commencent officiellement.

La Saskatchewanaise dit que personne ne veut que l’enquête se termine, mais plutôt qu’elle soit reconstruite de la manière dont elle était censée être construite au départ.

En effet, Laura Ookoop, dont la mère a été victime de meurtre en 2014, estime que l’enquête devrait avoir une approche « autochtone plus unifiée » pour promouvoir un leadership autochtone solide, juste et efficace. C’est pourquoi elle a aussi signé la lettre.

Julie Kaye soutient que les signataires ne demandent pas que l’enquête soit complètement mise de côté, mais qu’elle soit plutôt remaniée et réorganisée de manière à ce qu’elle respecte les familles autochtones.

L'ENFFADA fait justement l'objet de constantes critiques depuis ses débuts en décembre 2016, si bien que des familles de victimes et des organisations remettent en question le travail des commissaires, certains allant jusqu'à réclamer leur démission.

Seulement le mois dernier, la commissaire Marilyn Poitras, une professeure Métis de l’Université de la Saskatchewan avait démissionné en confirmant qu’il y avait des problèmes quant à la « structure » de l’enquête.

Par contre, ce n’est pas toutes les communautés autochtones qui partagent cette idée de « réinitialisation ». Darlene Okemaysim-Sicotte défend, depuis de nombreuses années, la cause des femmes et filles assassinées ou disparues.

En 1992, sa cousine, Shelley Napope a été assassinée par John Martin Crawford. Darlene Okemaysim-Sicotte trouve que l’enquête fait déjà un travail important sur le terrain, et que les demandes de démissions des commissaires ou de la restructuration de l’enquête sont infondées.

Elle est d’avis que les signataires devraient plutôt concentrer leur énergie sur les familles et s'assurer que celles-ci se sentent respectées dans le cadre de la présente enquête.

L'équipe de l'ENFFADA se déplace lundi et mardi à Regina, puis mercredi et jeudi à Saskatoon pour essayer de rentrer en contact avec des familles qui souhaitent participer au « Truth Gathering Process » qui se tiendra à Saskatoon le 20 novembre prochain.

Le gouvernement se dit engagé

En juillet dernier, la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett était en accord avec l'Assemblée des Premières Nations qui avait demandé d'ajuster le processus de l'enquête, notamment en ayant une meilleure communication avec les familles autochtones. La ministre est aussi d'avis que l'ENFFADA doit être remise à zéro.

Le gouvernement dit continuer, pendant ce temps, à travailler avec les Inuits, les Premières Nations et les Métis pour honorer les femmes et filles autochtones « perdues » et faire progresser la réconciliation.

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