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L'ère des cubicules gris des fonctionnaires québécois tire à sa fin

EXCLUSIF - Les grands paravents gris et le tapis brun des édifices gouvernementaux du Québec pourraient bientôt disparaître, après avoir fait partie du décor pendant 30 ans. Radio-Canada a appris qu'un vaste projet de modernisation des bureaux des fonctionnaires est en cours.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Québec se rend à l'évidence : les locaux des entreprises privées sont beaucoup plus attrayants que les siens. Le gouvernement se vante d'offrir des avantages sociaux enviables, mais il s'aperçoit que les jeunes professionnels veulent aussi un environnement de travail stimulant.

Le gouvernement espère que cette métamorphose lui permettra de motiver ses employés et d'en attirer de nouveaux, tout en économisant sur le montant du loyer. En optimisant les espaces de travail, le Secrétariat du Conseil du trésor compte réduire leur superficie.

Le ministre Pierre Arcand s’attend à ce que cette cure de rajeunissement coûte environ 20 millions de dollars annuellement jusqu’en 2028. Il précise que l’argent sera puisé à même un budget déjà prévu pour le mobilier des fonctionnaires. En revanche, il est convaincu que le réaménagement permettra d’économiser au moins 40 millions de dollars par année en frais de loyer.

Un projet pilote au ministère de la Culture et des Communications à Montréal a d’ailleurs permis de recouvrer 250 000 $ sur le coût annuel du loyer.

Lors de notre passage, nous avons remarqué qu’un espace de style lounge avec des banquettes remplace l’habituelle salle de réunion. Les bureaux des fonctionnaires, situés dans une aire ouverte et près des fenêtres, sont maintenant amovibles et modulaires pour permettre une position de travail plus ergonomique. Ils sont tous aussi munis d’écrans d’ordinateur doubles. Les cubicules gris ont fait place à des îlots de travail plus modernes, pour favoriser le travail d’équipe.

Un mandat a été confié à la Société québécoise des infrastructures (SQI) pour qu’elle examine les nouvelles tendances en matière d’aménagement de bureaux. « On a fait des études. On est allés voir comment ça se passait dans le privé, au fédéral et dans les autres provinces », explique la directrice à la gestion immobilière de la SQI, Sylvie Lefebvre.

« Si le gouvernement veut s’embarquer là-dedans, il faut vraiment qu’il soit prêt à mettre l’effort », avertit le PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget. Comme les défis pour attirer et retenir la main-d’œuvre sont grands, il considère que le gouvernement n’avait plus le choix d’emboîter le pas au privé.

Par contre, M. Forget croit que le gouvernement devra s’assurer d’effectuer une « bonne gestion du changement », notamment en fournissant des outils technologiques à ses employés. « Il ne faut pas seulement changer la couleur des murs ».

Pour améliorer la productivité et diminuer le taux d’absentéisme des employés, le gouvernement travaille aussi à l’élaboration d’une politique de télétravail qui permettrait à certains fonctionnaires de travailler de la maison, à la suite d’une entente avec leur gestionnaire.

« Si l’entreprise privée y trouve son compte, je ne vois pas pourquoi le gouvernement n’y trouverait pas son compte aussi. Si les employés sont plus productifs et plus heureux et que le lieu de travail est plus dynamique, je pense que c’est un bon investissement », conclut le ministre Pierre Arcand.

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