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L'étude d'Énergie Est « va reprendre en vertu d’un processus crédible et complet » - Mulcair

Pour une deuxième fois cette semaine, une conférence de presse de Thomas Mulcair a été perturbée par des opposants au projet d'oléoduc Énergie Est. Le chef du Nouveau Parti démocratique affirme néanmoins que ce projet de TransCanada « va reprendre en vertu d'un processus crédible et complet » si son parti est porté au pouvoir le 19 octobre. Énergie Est, dit-il, « peut être gagnant ».

Un texte de François Messier

Quelques manifestants se sont invités mercredi à la deuxième conférence de presse du jour du chef néo-démocrate dans la grande région de Québec. Ils ont brandi une banderole sur laquelle on pouvait lire « Dites non à TransCanada » et ont crié quelques slogans pendant que M. Mulcair attaquait le bilan du gouvernement Harper et défendait le rôle joué par sa députation québécoise à la Chambre des communes.

« Je dois vous dire que le fait de venir d'une famille de 10 enfants m'a donné une faculté inouïe de ne pas écouter le bruit externe », a commencé par blaguer Thomas Mulcair, prouvant du coup qu'il avait bien entendu les manifestants. La remarque a été accueillie par les applaudissements - et les rires - des candidats de la région de Québec qui l'entouraient pour l'occasion.

Le sujet est cependant revenu sur le tapis peu après, lorsqu'une journaliste lui a demandé ce qu'il avait à répondre à ces opposants. « Je leur réponds que c'est aussi erroné d'être contre un projet qui n'a pas encore été étudié que d'être pour un projet qui n'a pas encore été étudié », a-t-il alors lancé. « Le problème, c'est que M. Harper a évacué un ensemble de législation environnementale. Ça prend un processus crédible et complet, en lequel le public peut avoir confiance ».

Lors d'une précédente conférence de presse, en matinée, le chef du NPD avait défendu l'idée que des oléoducs transportant du pétrole des sables bitumineux albertains vers les côtes ouest et est du Canada pourraient s'avérer profitable pour l'économie du pays et des provinces, pourvu qu'ils soient soumis au préalable à une évaluation environnementale sérieuse.

« Ça peut être gagnant d'amener du produit d'ouest en est et de créer 40 000 emplois au Canada. Ça peut être gagnant pour les producteurs et [entraîner] une meilleure redevance pour les provinces. Ça peut être gagnant parce qu'on va éliminer les superpétroliers dans le Saint-Laurent et les trains hautement dangereux qui sillonnent nos municipalités à travers le Québec et ça peut être gagnant parce qu'on s'occupe de notre propre sécurité énergétique », a-t-il fait valoir.

« Le problème no 1 qu'on a au Canada, c'est que Stephen Harper a éviscéré nombre de lois environnementales », a lancé Thomas Mulcair, après avoir repris son argument en faveur d'un nouveau processus d'évaluation. Le premier ministre, dit-il, a voulu aider les compagnies en « enlevant les lois environnementales », mais cette approche « est devenue une entrave parce qu'il n'y a pas un seul projet qui a été approuvé » sous sa gouverne.

Thomas Mulcair assure par ailleurs que sa position sur les oléoducs repose sur une approche cohérente du développement durable qu'il a développée au cours de son parcours politique. Il rappelle avoir refusé de demander une évaluation environnementale du projet Rabaska lorsqu'il était ministre de l'Environnement au Québec « tellement c'était dangereux, amener du gaz naturel liquéfié dans le Saint-Laurent, entre l'île d'Orléans et le port ».

« Je dis la même chose pour Northern Gateway : on ne peut pas amener des superpétroliers dans le chenail de Douglas en Colombie-Britannique. J'ai aussi visité ce site-là, et nous, on dit d'avance qu'on ne peut pas amener de superpétroliers là-dedans », a-t-il poursuivi, en se défendant de tenir un double discours en fonction de son auditoire.

M. Mulcair assure qu'il partage l'avis du premier ministre du Québec Philippe Couillard au sujet d'Énergie Est. Ce dernier exige que le projet entraîne des retombées économiques pour le Québec pour qu'il l'appuie. « On dit exactement la même chose : il dit qu'il veut des preuves. Moi, je dis qu'il y a la possibilité, mais il faut qu'il y ait des preuves [...]. La seule manière d'aller chercher ces preuves, c'est avec un processus complet, avec des gens neutres et crédibles qui vont pouvoir l'analyser objectivement. »

Harper se défend

Lors d'un point de presse tenu à North Vancouver, Stephen Harper s'est défendu en soutenant que « le NPD veut arrêter le développement des ressources avant même d'avoir une évaluation environnementale ». Il affirme que son gouvernement préconise des « évaluations environnementales correctes » et qu'il décide d'aller de l'avant ou non en « fondant son jugement sur la science ».

La position de Thomas Mulcair au sujet des pipelines lui vaut de multiples de ses adversaires. Le chef bloquiste l'accuse de tenir un double discours à ce sujet, selon qu'il parle en anglais ou en français. La chef des Verts, Elizabeth May, l'a aussi attaqué lors du premier des chefs lorsqu'il s'est retranché derrière sa volonté de mettre en place un nouveau processus d'évaluation environnementale pour éviter de se prononcer sur l'augmentation de la capacité de transport de l'oléoduc Kinder Morgan.

Thomas Mulcair a en outre dû corriger le tir après qu'une de ses candidates vedettes en Ontario, la journaliste et auteure Linda McQuaig, eut affirmé vendredi dernier sur les ondes de CBC« qu'une grande quantité de sables bitumineux pourrait devoir rester sous terre si le Canada souhaitait atteindre ses objectifs » de réduction des gaz à effet de serre.

« Nous sommes en faveur de trouver de nouveaux marchés pour nos ressources énergétiques », a affirmé le chef néo-démocrate. « Nous sommes en faveur d'exploiter [les ressources] mais on doit le faire en vue d'un développement durable. Le développement durable, ce n'est pas un slogan; c'est quelque chose qui doit vraiment devenir la réalité », avait-il affirmé.

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