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L’évaluation municipale fait des mécontents à Cap-Chat

Près d'une centaine de citoyens se sont déplacés, lundi soir, afin de comprendre pourquoi que le rôle d'évaluation de leur municipalité a autant augmenté cette année.

Un texte de Joane BérubéPlusieurs résidents ont sursauté en ce début d’année en ouvrant leur compte de taxes.

Le taux de la taxation foncière, 1,30 $ par 100$ d’évaluation, est demeuré le même que l’an dernier, mais l’évaluation foncière des résidences a fait un bon de 10 %, passant d’une valeur foncière totale de 142 millions de dollars à 157 millions. L’augmentation moyenne de la valeur des résidences unifamiliales est de 12 %.

Certains, toutefois, encaissent des hausses plus importantes que d’autres. C’est le cas notamment des propriétaires de lots boisés dont l’évaluation fait un bon moyen de 15 %. Certains propriétaires doivent composer avec des hausses de près de 50 %.

La valeur des chalets subit aussi une bonne majoration soit 14,8 %, tandis que celle des maisons mobiles est de l’ordre de 19 %.

À titre d’exemple, la valeur moyenne d’une maison unifamiliale du secteur de Capucins est passée de 71 000 $ à 85 000 $. La valeur d'une résidence du secteur sud est quant à elle passée de 89 000 $ à 104 000 $.

Questions des citoyens

La mairesse Marie Gratton a donc demandé, lundi soir, à un évaluateur de la firme Servitech, d'expliquer à ses commettants les raisons justifiant ces augmentations. Il leur a dit que le rôle d’évaluation reflétait la valeur moyenne des transactions réalisées dans leur secteur en juillet 2016 et, qu'à cet égard, la Municipalité devait aussi se conformer aux dispositions sur la modernisation réglementaire de l'évaluation foncière.

La salle du conseil municipal de Cap-Chat était pleine à craquer. Les contribuables présents ont écouté les explications avec beaucoup d’attention.

Durant la période de questions, des propriétaires de lots boisés ont notamment fait part de leur grande surprise devant les augmentations, d’autant que la tordeuse des bourgeons de l’épinette a commencé à ravager certains lots. Il leur a été conseillé de déposer une demande de révision s’ils avaient en main des documents sur l’état réel de leur boisé.

À la sortie, plusieurs semblaient résignés, d’autres se sont dits satisfaits des explications reçues. « Seulement, chez nous, a indiqué Éric Savard, un résident de Cap-Chat, j’ai été augmenté de 250 $. Mais avec les explications que j’ai eues, je comprends, ta maison n’est pas évaluée avec ta capacité de payer, mais avec la valeur qu’elle a réellement, c’est un peu ça que le gens doivent comprendre. »

D’autres ont fait valoir que ces augmentations étaient difficilement encaissables pour plusieurs personnes âgées à faibles revenus. « Ils veulent garder leur maison, mais ils ne seront pas capables de payer les taxes, il va falloir qu’ils les vendent à moindre prix. Ça ne sera jamais vendu à ce prix-là, impossible », a commenté un autre contribuable, David Cameron, après la rencontre.

La mairesse, qui a hérité d’un processus de réévaluation foncière déjà entamé par l’ancien conseil municipal, n’a pas voulu commenter la situation.

Le nouveau rôle d’évaluation sera en vigueur au moins pour les trois prochaines années.

Les citoyens qui veulent contester leur nouvelle évaluation municipale doivent le faire avant le 1er mai. Ils sont invités à communiquer avec la MRC de la Haute-Gaspésie pour connaître la marche à suivre.

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