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L’ex-chef du SPVM Philippe Pichet se dit victime d’une grave injustice

« Je suis victime d'une grave injustice et je n'ai rien fait pour mériter cela », a déclaré en substance le chef déchu du Service de police de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, dans un document obtenu par Radio-Canada et présenté lundi aux membres de la commission sur la sécurité publique.

Cette commission a entendu lundi l'ex-chef de police afin de formuler un avis qui alimentera la réflexion du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, concernant la possibilité de destituer officiellement Philippe Pichet.

M. Pichet a ainsi pu livrer sa version des faits pour la première fois, sept mois après avoir été écarté de son poste à la tête du SPVM.

La réunion se tenait à huis clos, mais Radio-Canada a obtenu une copie de son allocution, dans laquelle l'ancien directeur affirme qu’il n’était pas nécessaire de le suspendre pour régler les problèmes du SPVM et que jamais, à sa connaissance, un chef de police montréalais n’a été traité ainsi.

« Vous êtes appelés à faire une recommandation qui aura de graves répercussions sur ma vie personnelle et professionnelle, peut-on lire dans le document. Je vous demande de rendre une décision en conséquence. »

Personne ne l’a rencontré pour obtenir sa version des faits depuis sa suspension, insiste Philippe Pichet : ni le ministre Coiteux ni Martin Prud'homme, administrateur provisoire et directeur par intérim du SPVM qui, dans son bilan de mi-mandat, pose un regard sévère sur son travail.

« Alors que je n’ai jamais, en aucun temps, été avisé de quelques problèmes ou reproches que ce soit relativement à mon travail ni été contacté par M. Coiteux ou autres représentants du ministère de la Sécurité publique, j’ai appris le soir du 5 décembre 2017, en écoutant les nouvelles télévisées de fin de journée, que j’allais possiblement être suspendu et que le contenu du rapport de Me Bouchard, dont je n’avais toujours pas reçu copie, était commenté dans les médias », raconte-t-il dans son allocution.

M. Pichet souligne en outre n'avoir passé que 90 minutes en septembre 2017 avec le commissaire Michel Bouchard, auteur du rapport dévastateur qui a entraîné sa suspension en décembre dernier.

Un passage contesté à la tête du SPVM

Dans son rapport, le commissaire indiquait que « plusieurs allégations qui auraient dû être enquêtées [par les affaires internes] ne l’ont pas été » sous le règne de Philippe Pichet.

Affecté au service de gestion des immeubles depuis sa suspension, le principal intéressé reconnaît qu’il y avait d’« importants problèmes » au sein des la Division des affaires internes lorsqu’il est arrivé en poste en août 2015.

Dans sa présentation aux élus, il souligne toutefois avoir « mentionné aux autorités compétentes qu’il était souhaitable que les affaires internes soient confiées à une organisation externe afin d’éviter la perception générale du public qu’il est inapproprié que la police enquête sur la police ».

Officiellement, Philippe Pichet souhaiterait revenir à la tête du SPVM. Il a même entamé récemment une poursuite civile contre la procureure générale du Québec, le ministre Coiteux et la Ville de Montréal, dans laquelle il demande au tribunal d'ordonner à l'administration municipale de le réintégrer dans ses anciennes fonctions et de lui verser une indemnisation.

L'ex-no 1 du SPVM se dit toutefois ouvert à d'autres options. « Depuis le tout premier jour, j’ai été prêt et j’ai confirmé être prêt à discuter d’alternatives à ma destitution », explique-t-il. Or, « il n’y a jamais à ce jour eu de discussions sérieuses » à ce sujet, plaide-t-il.

Un appel envisagé

« Le climat était respectueux », a expliqué l'avocat de Philippe Pichet, Joël Mercier, aux journalistes qui ne pouvaient pas assister à la rencontre de la commission de la sécurité publique.

« Les suites sont maintenant entre les mains de la commission et des autorités du ministère », a-t-il déclaré.

Me Mercier a par ailleurs insisté sur le fait que, sur papier, M. Pichet « n'est pas un ex-chef ». « Il est toujours directeur du Service de police de la Vile de Montréal, c'est important de le répéter. Il n'est toujours pas destitué. »

L'avocat a également été très clair sur ce qui adviendrait si le ministre Coiteux choisissait de destituer son client. « Il y aura un appel », a-t-il laissé tomber.

Avec la collaboration de Pascal Robidas, Benoît Chapdelaine et Julie Marceau

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