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L’ex-ombudsman du N.-B. écorche le PM Gallant

L'ex-ombudsman du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, se dit outré de l'attitude des politiciens, et en particulier du premier ministre Brian Gallant, face à la commissaire aux langues officielles de la province.

M. Richard, qui a aussi été ministre libéral dans les années 1990, a tiré à boulets rouges contre le premier ministre libéral et son ministre responsable des langues officielles, Donald Arseneault, après qu'ils eurent qualifié le travail de la commissaire aux langues officielles de « négatif ».

Bernard Richard est non seulement un ancien ombudsman, mais il a aussi écrit un rapport en 2011 où il était justement question des officiers de l'Assemblée législative comme la Commissaire aux langues officielles.

Dans ce rapport, il avait abordé plusieurs questions, dont les relations avec le pouvoir exécutif.

L'ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick s'explique mal les sorties publiques de plusieurs politiciens contre la Commissaire aux langues officielles. Dans les derniers jours, le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, Bruce Fitch, s'est dit « inquiet » du comportement de la commissaire d'Entremont dans sa gestion du dossier d'un commissionnaire unilingue anglophone.

Puis, le chef du NPD, Dominic Cardy, a déclaré que la commissaire ne devrait pas pouvoir enquêter sur les plaintes qu'elle formule, même si la loi lui permet.

« M. Fitch, M. Cardy, le premier ministre, ça devrait être les premiers défenseurs de la loi sur les langues officielles, de l'indépendance de la commissaire de son droit d'entreprendre des enquêtes lorsque les services ne sont pas livrés en conformité avec la loi », soutient M. Richard.

Vendredi, la commissaire a répondu aux critiques dont elle fait l'objet. Quelques minutes plus tard, le premier ministre prenait ses distances.

« Ce n'est même pas nous qui l'avons appointée, c'était le gouvernement conservateur précédent qui avait fait [la nomination] », a alors déclaré le premier ministre.

En 2013, toutefois, libéraux et conservateurs adoptaient à l'unanimité la nouvelle loi sur les langues officielles, qui élargissait les pouvoirs de la commissaire aux langues officielles.

Quelques jours plus tard, la nomination de la nouvelle commissaire s'est faite en collaboration avec l'opposition. M. Richard souligne du même souffle qu'en 2013, le chef de l'Opposition officielle était Brian Gallant.

« Donc, pour lui de dire maintenant c'est une nomination politique, c'est tout à fait inacceptable », affirme M. Richard qui a conseillé M. Gallant et les libéraux provinciaux dans plusieurs dossiers avant l'élection de 2014.

Dans un rapport qu'il a publié en 2011, Bernard Richard recommandait de donner un mandat de sept ans à la commissaire aux langues officielles afin d'assurer son indépendance complète. Cela a été inclus dans la loi.

Dans son rapport, il notait aussi une incompréhension, de la part de plusieurs politiciens et fonctionnaires, du rôle des officiers de l'Assemblée législative comme la commissaire aux langues officielles ou encore la vérificatrice générale.

Bernard Richard trouve incompréhensible toute cette tempête autour du travail de la commissaire.

« Le premier ministre est égaré, a une mauvaise compréhension de la loi et ça serait importante parce que c'est lui le ministre responsable de la loi », affirme M. Richard.

La commissaire aux langues officielles doit rencontrer un comité de l'Assemblée législative, ce jeudi.

D'après le reportage de Michel Corriveau

Rapport de Bernard Richard

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