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L’exclusion de Lynn Beyak du comité sénatorial sur les Autochtones divise le caucus conservateur

Des voix s'élèvent au sein du caucus conservateur pour dénoncer la décision de la chef intérimaire Rona Ambrose d'exclure la sénatrice Lynn Beyak du Comité sénatorial permanent sur les peuples autochtones, après des semaines de pression politique.

Lors d'un débat sur la surreprésentation des femmes autochtones dans les prisons au début du mois de mars, Lynn Beyak a soutenu qu'il y avait de « bonnes intentions » derrière le système des pensionnats autochtones.

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Maxime Bernier, a tenu à défendre la liberté d’expression, en réaction à la colère suscitée par les propos de sa collègue.

« Je crois que la rectitude politique va trop loin », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« En tant que parlementaires, nous sommes autorisés à faire valoir différents points de vue et à en débattre. Je suis heureux de compter sur l’appui de la sénatrice Beyak », a mentionné l’ancien ministre.

Le sénateur conservateur Ghislain Maltais a pour sa part affirmé à sa collègue Lynn Beyak que « tous les membres du caucus » sont derrière elle.

Le nouveau whip adjoint du Parti conservateur, le sénateur Jean-Guy Dagenais, s’est aussi porté à la défense de sa collègue de caucus.

« On voit ça, là, c'est à la mode, tout le monde s'excuse pour toutes sortes de choses. [...] T'as une opinion, t'es en démocratie; respectons la liberté de parole », a-t-il déploré en entrevue avec La Presse canadienne, hier. « Mme Beyak, je la connais, c'est une bonne sénatrice, ce n'est pas une personne qui a de mauvaises intentions », a-t-il ajouté.

Les médias, des « parasites »

Mécontent de voir débarquer des journalistes avant la réunion du comité sénatorial de l'agriculture qu’il préside, le sénateur Ghislain Maltais a tenté de chasser les représentants de CBC.

« Dehors! », a-t-il tonné plusieurs fois à l'intention des journalistes, qui n'enfreignaient aucune règle.

Devant le refus des reporters de quitter les lieux, le sénateur s'est levé pour aller chercher des agents de sécurité de la colline du Parlement.

À son retour, un autre sénateur conservateur, Kelvin Ogilvie, s'est adressé à Lynn Beyak.

La remarque a fait rire sa collègue.

Lorsque les journalistes ont demandé au sénateur Ogilvie s'il les avait qualifiés de « parasites », ce dernier a dit « ne pas se souvenir de cela », selon les images disponibles sur le site internet de CBC.

Quelques heures après l'incident, le sénateur Maltais a expliqué avoir ressenti la nécessité d'alerter la sécurité pour faire cesser le « harcèlement » que subissait selon lui Mme Beyak.

« J'ai répondu à l'appel d'une dame en détresse », a-t-il plaidé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Moi, comme homme, je ne tolère pas qu'on intimide une femme. J'ai demandé à Mme Beyak si elle voulait que je fasse venir la sécurité, elle m'a dit oui. J'aurais été un lâche si je ne l'avais pas fait », a insisté le sénateur Maltais.

Les journalistes, a-t-il assuré, sont toujours « les bienvenus » aux réunions du comité sénatorial de l'agriculture, mais à une condition : qu'ils posent des questions sur l'agriculture.

« Moi, je suis au comité de l'agriculture, je ne parle pas d'autre chose », a martelé le sénateur conservateur, se défendant de dicter une ligne de conduite aux représentants de la presse.

« Non, non, non. Les journalistes peuvent dire n'importe quoi sur n'importe quel sujet. C'est leur choix. En dehors du comité, on peut parler de n'importe quoi », a-t-il offert.

Mme Beyak a refusé de s’adresser aux médias jeudi. À ce jour, elle n'a présenté aucune excuse pour ses propos controversés.

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