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L'heure du choix pour les électeurs de Louis-Hébert

Au terme d'une campagne tumultueuse, c'est lundi prochain que les électeurs de la circonscription de Louis-Hébert, dans la région de Québec, se rendront aux urnes pour voter.

Une analyse d'Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Au casse-croûte Chez Micheline, à Saint-Augustin-de-Desmaures, une foule disparate s'agglutine autour du comptoir pour passer sa commande. Des travailleurs s'arrêtent ici pour s'acheter un repas léger, alors que des personnes plus âgées profitent du beau temps autour d'une table à pique-nique.

Des électeurs cyniques

L'élection à venir suscite ici plus de cynisme que d'enthousiasme. « Tout le monde pense qu'il y a de la place pour les deux mains dans le gâteau », s'indigne un vieil homme. « Si vous voulez devenir croche, allez-vous-en dans le gouvernement », ajoute un autre. « J'irai peut-être même pas voter », dit une femme, la soixantaine passée.

Le départ, en début de campagne, des candidats du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec - écartés à la suite d'allégations de harcèlement psychologique - a rendu les électeurs encore plus confus.

« Il y a assez de cafouillis à cette heure en politique qu’on vient qu’on ne sait plus où est la vérité », se désole Yvon.

« Je regarde les pancartes avec les mots comme "intègre". Qu’est-ce que ça veut dire l’intégrité? » se questionne Jocelyn. « Tu es intègre jusqu’au moment où tu te fais pogner, après ça, tu n'es plus intègre. C’est à peu près ça. »

Avantage libéral, mais…

Depuis 2003, la circonscription est représentée par le Parti libéral, mais les résultats ont parfois été serrés. Si le PLQ a joui d'une confortable avance de 8677 voix en 2014, la différence n'était que de 2092 voix lors du scrutin précédent. En 2007, lors de la poussée de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ), l'écart s'était réduit à 816 voix, mais la circonscription a depuis été redécoupée.

Malgré le penchant libéral affiché par plusieurs des résidents de la circonscription, certains électeurs se font plus hésitants. « Il y a des partis pour lesquels je vote d'habitude et qui me conviennent moins », laisse tomber une femme rencontrée dans le secteur du Campanile. « [Le premier ministre], il a toujours une défaite, il n'est pas franc. Il arrive des choses, il tortille... Moi, ce n'est pas mon style! », tranche un homme avant d'entrer dans l'épicerie.

Mais le PLQ a toujours ses partisans. « Je continue à penser que le Parti libéral fait un excellent travail au gouvernement », dit un homme, dont le choix est déjà fait depuis longtemps.

À en juger par les résultats passés, l'élection semble se jouer essentiellement entre la CAQ et le PLQ. À micro fermé, les deux partis ont cherché ces dernières semaines à faire baisser les attentes, signe indéniable que l'élection paraît pour le moment très serrée, même à l'esprit des stratèges.

Garder la circonscription

Malgré le grand nombre d'élections partielles à avoir eu lieu depuis le début de son mandat, le gouvernement n'a jusqu'ici essuyé aucune perte : les cinq circonscriptions ayant voté pour le PLQ en 2014 où se sont tenues des partielles depuis ont toutes renouvelé leur confiance envers les libéraux.

Une victoire libérale dans Louis-Hébert conforterait le gouvernement dans ses choix. Il pourrait faire valoir que la population est toujours derrière lui, malgré le passage des années et en dépit des nombreuses critiques.

À l'opposé, une défaite mettrait de nombreux députés sur les dents, particulièrement dans la région de Québec où le PLQ détient 9 des 11 circonscriptions. Le gouvernement serait alors tenté de recourir aux grandes manoeuvres pour se donner un nouvel élan - remaniement, prorogation des travaux parlementaires... les scénarios évoqués en coulisse sont nombreux.

Un gain?

Pour la CAQ, l'effet serait tout l'inverse. Une victoire viendrait confirmer que la formation de François Legault peut non seulement faire bonne figure dans les sondages, mais qu'elle peut également faire des gains.

À un an des élections, la CAQ pourrait ainsi faire valoir qu'elle est la mieux placée pour remplacer le gouvernement. Une défaite, par contre, jetterait un doute sur sa capacité à incarner l'alternative. Car peu importe les propos tenus par François Legault l'été dernier, il ne fait aucun doute que Louis-Hébert fait partie des circonscriptions où la CAQ a ses chances.

À l'approche d'une élection partielle, on est souvent tenté de dire que le scrutin aura valeur de test, que l'élection à venir aura une signification particulière. La tentation est encore forte cette fois-ci, dans la mesure où le Parti libéral pourrait, pour la première fois depuis son retour au pouvoir, perdre du territoire.

Entre-temps, les électeurs de Louis-Hébert soupèsent leurs options, sans nécessairement se soucier beaucoup de l'impact qu'aura leur choix. « Ça donnera rien de toute façon! Qui sera élu? Je ne le sais pas et je ne veux pas le savoir. Ça va faire la même affaire que d'habitude », conclut l'un d'eux.

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