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L'Î.-P.-É. veut éliminer l'attente pour une évaluation psychoéducative

L'Île-du-Prince-Édouard compte investir 2 millions de dollars pour éliminer d'ici deux ans les listes d'attente pour une évaluation psychoéducative.

Un texte de François Pierre Dufault

La province insulaire manque de psychologues scolaires pour compléter ces évaluations qui peuvent prendre jusqu'à 40 heures par élève et qui peuvent parfois révéler des difficultés d'apprentissage ou des troubles de santé mentale. Il y a présentement 435 élèves dans l'attente d'une telle évaluation dans les écoles de langue anglaise.

Le ministère de l'Éducation compte donc recruter deux psychologues et quatre éducateurs spécialisés de plus pour les écoles de langue anglaise. Le ministère prévoit aussi embaucher deux intervenants en technologies d'adaptation qui pourront travailler dans les écoles anglaises et françaises.

« C'est un ajout aux ressources que nous avons déjà. Ça va permettre aux élèves de vivre une expérience plus normale en salle de classe », affirme Jordan Brown, ministre de l'Éducation de l'Île-du-Prince-Édouard.

Attente de plus de trois ans

Le ministère de l'Éducation espère être en mesure d'ici 2020 de fournir une évaluation psychoéducative à tous les élèves qui en ont besoin dans un délai d'un an. Le temps d'attente moyen à l'heure actuelle est de trois ans et demi.

Les nouvelles embauches porteraient à 10 le nombre de psychologues dans les écoles de langue anglaise de l'Île-du-Prince-Édouard. Le nombre de psychologues serait alors d'environ un pour 1800 élèves, comme c'est le cas en Nouvelle-Écosse, notamment.

Le ministre Jordan Brown promet de mener une campagne intensive de recrutement. Son ministère serait même prêt, dit-il, à offrir des incitatifs à l'embauche comme le remboursement de certains frais d'accréditation ou de relocalisation.

D'ici à ce que les nouvelles embauches soient complétées, le gouvernement insulaire prévoit continuer à faire appel à des psychologues externes pour accélérer la cadence des évaluations psychoéducatives. Il a débloqué l'automne dernier une somme de 200 000 dollars à cet effet.

Partage de ressources

Pour sa part, la Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard a embauché l'an dernier un psychologue pour ses six écoles. Celui-ci dessert un peu plus de 950 élèves.

« Le rapport de psychologues par élèves est beaucoup mieux à la CSLF », précise le ministre Jordan Brown. « Les problèmes sont différents », dit-il. « Mais avec l'annonce [des deux intervenants en technologies d'adaptation], il y a une plus grande possibilité de partage des ressources entre les deux organisations scolaires. »

Les psychologues en milieu scolaire de l'Île-du-Prince-Édouard voient d'un bon oeil l'annonce de nouvelles embauches par le gouvernement. Ils se réjouissent en particulier du fait que la province ne cherche pas seulement à recruter plus de psychologues, mais aussi d'autres intervenants pour aider les élèves après leur évaluation.

« C'est parfois décourageant de savoir que nous pouvons offrir des services de consultation, mais que nous sommes limités dans notre capacité à offrir des services d'aide complets aux élèves », explique la psychologue Loretta Hawley-McAleer. « Cette annonce pourrait avoir des retombées très positives. »

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